Bosch-Rexroth – Vénissieux : quel avenir pour les travailleurs ?

11 Mai 2016

Les travailleurs de l’usine Rexroth de Vénissieux dans le Rhône, filiale de Bosch, sont en grève depuis le 26 avril pour protester contre les projets de la direction.

D’après la direction du groupe Bosch, qui se porte très bien, sa filiale aurait des problèmes financiers. Elle veut donc imposer des économies à toutes les usines Rexroth dans le monde. À Vénissieux, où sont fabriqués des composants hydrauliques pour des engins de chantier, 19,5 millions d’euros d’économies sont demandés en trois ans, pour un chiffre d’affaires annuel de 80 millions.

Pour cela, il est prévu de délocaliser certaines productions en Turquie, ce qui pourrait entraîner 180 suppressions d’emplois sur les 360 actuels. En fait tout est flou, et ce sont les projets exacts de la direction que les grévistes voudraient d’abord connaître. Le préfet, qui avait organisé une table ronde le 21 avril, a interpellé la direction de Bosch France concernant le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et le CIR (crédit d’impôt recherche) qu’elle perçoit, et il a alerté les ministères concernés. Mais, le gouvernement s’étant toujours refusé à exiger une quelconque contrepartie au versement de ces subventions, pourquoi Bosch serait-il gêné de supprimer des emplois ? La démarche a toutes chances de rester purement symbolique.

Au bout de deux jours de grève totale, les grévistes ont décidé de la transformer en grève tournante de deux heures par jour et par salarié, et quelques jours plus tard d’une heure par jour. Les ouvriers ont été rejoints dans la grève par les employés et les cadres. Les grévistes assurent, à tour de rôle, le piquet de grève au portail. Les camions entrent, mais rien ne sort de l’usine. La direction a répliqué en envoyant l’huissier et en bloquant les ordinateurs du service logistique, qui ne peut donc plus travailler.

Les salariés ont l’impression que Bosch veut fermer le site en s’attaquant aux différents secteurs les uns après les autres. En effet sur le même site, en 2012, Bosch avait remplacé une partie de sa fabrication de pompes à injection diesel par la fabrication de panneaux solaires, qu’elle a ensuite vendue en 2014 à une petite entreprise, Sillia, aujourd’hui en grande difficulté, les panneaux solaires ne se vendant pas. Le reste des salariés de Bosch ont continué les fabrications diesel, qui doivent s’arrêter en 2017, et que Bosch n’envisage pas de remplacer, leur proposant une mutation… à Rodez, dans l’Aveyron. Sur l’ensemble du site, 860 salariés craignent de perdre leur emploi. Aussi, mardi 10 mai, la grève continuait.

Correspondant LO