Prisons : malades psychiatriques en danger

20 Avril 2016

Début avril, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport dénonçant les conditions de détention des personnes souffrant de troubles psychiatriques tels que la dépression, les troubles bipolaires ou la schizophrénie. Selon les chiffres du ministère de la Santé, qui datent de 2004, un détenu sur quatre serait concerné.

HRW a enquêté dans huit prisons françaises. Son rapport montre que le choc carcéral, lié à la surpopulation, aux violences entre détenus et à la solitude affective, aggrave la maladie des détenus, notamment s’ils sont suicidaires. Faute de psychiatres et de psychologues en nombre suffisant, les consultations médicales sont expéditives et se limitent souvent à prescrire des médicaments. Quant aux gardiens de prison, qui peuvent avoir jusqu’à 100 détenus sous leur responsabilité, ils n’ont guère la possibilité de parler avec eux ni d’assister à des formations sur la santé mentale. Il arrive qu’un détenu soit hospitalisé ; mais, selon HRW, « les hôpitaux psychiatriques n’étant pas sécurisés pour accueillir des prisonniers, certains y sont maintenus à l’isolement, sans visite ni promenade ». Il n’existe, en France, que sept unités hospitalières spécialement aménagées.

Alors que, soumis aux restrictions budgétaires, les hôpitaux psychiatriques continuent de supprimer des places, l’État ferme les yeux sur la réalité des maladies mentales qui s’étendent dans les prisons.

Julie LEMÉE