Valls face au patronat : personne n’y croit

17 Février 2016

Presque deux ans après la mise en place du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), les milliards de dégrèvements ont bien été accordés aux patrons, les coupes budgétaires subséquentes sont effectives, mais les emplois qui devaient suivre ne sont pas là. Pire encore, le chômage continue à augmenter. Des grands groupes font des bénéfices confortables, empochent les subventions, bénéficient du CICE et suppriment des emplois à jet continu. C’est tellement flagrant que même un adorateur du capital aussi dévot que Valls ressent une petite gêne.

Lundi 15 février, le Premier ministre a donc parlé d’engagements pas respectés en matière d’emplois par les entreprises bénéficiaires du CICE. Et d’ajouter qu’il pouvait envisager de réorienter les crédits, tout en garantissant que les 41 milliards d’euros de dégrèvement d’impôts seront bien accordés. Valls avait fait strictement la même déclaration il y a un an, sans qu’elle soit suivie du moindre effet. Cette fois-ci, le patronat a protesté pour la forme, ne se donnant même pas la peine de crier comme cochon qu’on égorge, certain qu’il est de toucher son pactole sans la moindre obligation. Toute la saynète sera oubliée dans quelques jours.

Mais le pillage des fonds publics, les coupes dans les budgets sociaux, les classes et les hôpitaux fermés, les plans de licenciements dans les entreprises multimilliardaires, la ruine de villes et de régions entières, le fait que ce carnage soit organisé et justifié par un gouvernement de gauche, tout cela pèse et pèsera bien plus lourd que les trois phrases annuelles de Valls faisant mine de s’en prendre au patronat.

Paul GALOIS