Un salarié victime d’une « méprise » policière

16 Décembre 2015

Pendant plus de trois semaines, un salarié de Veolia, dans les Bouches-du-Rhône, a été assigné à résidence sur la suspicion d’avoir cherché à empoisonner l’eau courante.

Ayant contracté une maladie pendant qu’il travaillait à la station d’épuration Veolia d’Aix-en-Provence, ce salarié s’était rendu sur le site en août dernier pour récupérer ses affaires et avoir des informations sur les produits utilisés qui auraient pu être à l’origine de sa maladie. Il n’en a pas fallu plus pour que Veolia fasse un signalement à la police. Et comme il a cherché sur Internet les informations qu’on ne lui avait pas données, il est devenu suspect aux yeux du ministère de l’Intérieur pour « s’être beaucoup intéressé aux lieux de stockage des produits sensibles ».

En plus de l’assignation à résidence et de l’obligation de pointer quatre fois par jour dans un commissariat situé à une heure en transports en commun, il a eu droit à la visite musclée de policiers qui ont enfoncé la porte de son domicile avant d’y effectuer une perquisition.

Le ministère de l’Intérieur a reconnu qu’il avait commis une « méprise » et a levé l’assignation. Mais l’état d’urgence peut faire craindre la multiplication de méprises de ce genre, dont seraient victimes des salariés cherchant à faire valoir leurs droits.

M.L.