SNCF : encore des suppressions d’emplois

16 Décembre 2015

Confirmant son triste rang de leader en termes de suppressions d’emplois, la SNCF vient à nouveau d’annoncer la suppression de 1 400 postes nets en 2016. Mais le non-remplacement de tous les départs en retraite se traduit en fait par des suppressions encore plus importantes en termes d’emplois réels.

Il est difficile de savoir précisément quel est le véritable niveau des pertes d’emplois, tant la communication de la SNCF est floue à cet égard. La CGT a par exemple noté qu’entre les élections professionnelles de mars 2014 et celles de novembre 2015, le nombre de cheminots inscrits sur les listes électorales a chuté de 6 658.

La suppression d’emplois est une obsession dans tous les secteurs et à tous les étages de la hiérarchie. Au mépris de la sécurité des usagers et des cheminots, la SNCF ferme ou vide des gares et supprime les guichets. À bord des trains, elle généralise les équipements à agent seul. Dans les gares et ateliers, elle multiplie la polyvalence. En clair, elle renforce l’exploitation des travailleurs pour supprimer ici ou là quelques postes supplémentaires. Enfin, le recours à la sous-traitance et à l’intérim s’accélère.

Évidemment, la communication officielle de la SNCF est souvent prise à contrepied. Après les attentats du 13 novembre, Pepy, le président de la SNCF, a eu le culot de se prononcer pour que des agents SNCF soient armés à bord des trains. Mais il s’est bien gardé de rappeler sa volonté de supprimer l’accompagnement à bord, pour des raisons de rentabilité. C’est dire combien il se moque de la sécurité.

Lors de la COP 21, la SNCF paradait parmi les ardents défenseurs du climat. Mais au même moment sa filiale Ouibus met des centaines d’autocars sur les routes afin d’accélérer la fermeture de milliers de voies ferrées jugées non rentables. Tant pis pour les temps de parcours doublés, tant pis pour la pollution, l’avenir du dividende net préoccupe plus Pepy que celui de la planète.

Au quotidien, les suppressions d’emplois provoquent un réel mécontentement parmi les cheminots, qui voient les conditions de travail se dégrader. C’est un tout autre climat qui pourrait bien se réchauffer sur le terrain social.

Christian BERNAC