Parti socialiste : on ne change pas une équipe qui perd

16 Décembre 2015

Malgré la perte de la majorité des régions que le Parti socialiste présidait depuis au moins 2010, son premier secrétaire, Cambadélis, a parlé d’un succès sans joie.

Il n’est pas certain que ce « succès » consolera les centaines d’élus régionaux du PS qui n’ont pas été élus ou réélus. En tout cas, les dirigeants du PS ont préféré tenir à huis clos leur bureau national au lendemain du deuxième tour.

Les frondeurs, comme à l’habitude, y ont joué l’opposition de Sa Majesté, en demandant, tel Christian Paul, à « sortir de cette politique de centre-droit ». Et le même jour Benoît Hamon expliquait sur France Info qu’entre la droite et la gauche « la nature des politiques mises en œuvre, sur les questions économiques et sociales, n’est pas fondamentalement différente ».

Devant pareille découverte, Cambadélis a pu prendre la pose de super-frondeur : « Je m’adresse au gouvernement. Nous ne pouvons plus continuer comme cela. » Les électeurs sonnés et écœurés du PS sont censés y croire : la direction du PS les a entendus.

Qu’entend-elle par « ne plus continuer comme cela » ? C’est ce que le premier secrétaire et d’autres à la tête du parti viennent de préciser. Sur les décombres du PS, il s’agit selon eux de lancer un « nouveau mouvement » qui ne sera « pas un nouveau parti », mais une « fédération de partis, de mouvements associatifs ». Cette « Alliance populaire » doit voir le jour mi-février, à un peu plus d’un an de la présidentielle. Son objectif serait de ratisser du côté du centre et des Verts pour que Hollande accède au second tour en 2017. Et quand un ex-Premier ministre de Chirac, Raffarin, déclare au gouvernement : « On peut travailler ensemble », tous les espoirs leur sont permis.

On verra si « l’inflexion » dont parle Cambadélis débouche sur autre chose que le néant. Quoi qu’il en soit, son seul contenu serait de prendre les mêmes, plus si possible quelques-uns de leurs pareils à droite, et de ne rien changer à la politique du gouvernement. Le PS y laissera peut-être encore quelques plumes aux élections à venir et certains de ses barons ronchonneront, mais la bourgeoisie continuera d’être bien servie.

Pierre LAFFITTE