Orange : une négligence criminelle

16 Décembre 2015

Mercredi 9 décembre, un procès s’est tenu à Aix-en-Provence contre le groupe Orange pour la chute mortelle d’un technicien. Lors d’une intervention sur un poteau à Peyrolles-en-Provence, le technicien de France télécom Jean-Claude Lachaux était tombé. Il était mort à l’hôpital moins d’un mois plus tard, le 22 décembre 2011.

Pourtant, la victime n’avait eu de cesse de demander la nacelle et il n’avait utilisé ce qu’il avait, c’est-à-dire une échelle PFE, dite plate-forme échelle, que sur ordre de son supérieur. Cette échelle fabriquée spécialement pour Orange avait un avantage considérable, un homme seul pouvait la mettre en place et y travailler, mais elle n’était pas fiable. D’ailleurs l’inspection du travail a rappelé devant le tribunal qu’Orange avait été alerté à plusieurs reprises sur la dangerosité de ce matériel.

Cette économie du travail d’un agent se chiffrait, d’après les syndicats, à vingt millions d’euros par an. Pour Orange, le choix était donc nécessaire. Il a fallu la mort de Jean-Claude Lachaux et les interventions des syndicats pour que quelques milliers d’échelles de ce type soient retirées de l’équipement des techniciens d’Orange.

Lors du précédent procès en mai 2015, le directeur d’Orange PACA ne s’était pas rendu à la convocation du tribunal en arguant une réunion importante. Le procès fut donc reporté. Ce 9 décembre, la direction d’Orange a maintenant prétendu que le salarié décédé avait agi de son propre chef en utilisant l’échelle au lieu de la nacelle.

Sa fille, qui en avait longuement parlé avec lui, a déclaré : « Une semaine avant, il avait déjà refusé cette intervention pour manquement de nacelle. » Son chef lui aurait alors dit « qu’il s’agissait de la troisième intervention sur le même site et que, pour l’image de l’entreprise, il se DEVAIT de ne partir qu’une fois le travail accompli ». « Mon père l’a fait. Durant l’ascension de la PFE et au moment d’arrimer la corde, l’échelle a vrillé, est tombée et mon père s’est écrasé sur les pierres après une chute de plus de 3 mètres », a-t-elle poursuivi.

Le dirigeant d’Orange ne manque pas de cynisme en faisant reporter la faute sur le salarié, surtout quand il déclare et souligne « que la sécurité est au cœur de ses préoccupations et que (la direction) s’emploie au quotidien à respecter scrupuleusement les exigences réglementaires en matière de sécurité de ses équipes ». Que n’a-t-il appliqué ces belles paroles avant l’accident qui a coûté la vie à un technicien !

Correspondant LO