Libye : Le désastre de 2011

16 Décembre 2015

En 2011, il y a quatre ans, la Libye a connu un soulèvement populaire, faisant suite aux « printemps arabes » tunisien et égyptien. Le dictateur libyen Kadhafi tenta de juguler la révolte, et les puissances impérialistes formèrent une coalition pour bombarder ses troupes. À la tête de cette coalition, la France de Sarkozy fit ce qu’elle pouvait pour entraîner d’autres pays. Elle obtint l’accord des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’autres. Mais les avions français furent les plus nombreux et bombardèrent le plus. On peut dire que dans cette affaire le gouvernement français joua un rôle majeur.

Certes, les insurgés libyens de l’époque évitèrent sans doute un massacre, mais la guerre civile, avec la division du pays qui a suivi, n’a certainement pas fait moins de victimes. Sans compter que les armes abandonnées et ramassées sur le terrain permirent à des groupes djihadistes de tenter une incursion au Mali voisin, ce qui entraîna une nouvelle intervention militaire de l’armée française dans ce pays. Beau succès donc de l’intervention de 2011 !

Il faut ajouter que l’assassinat de Kadhafi, à la fin des combats, rendit un fieffé service à Sarkozy en faisant oublier l’accueil triomphal fait au dictateur libyen en 2007, quand ce dernier, invité par le président français, obtint de monter sa tente dans le parc de l’hôtel Marigny, à Paris. Et surtout en faisant oublier l’accusation, relayée par Médiapart, que Kadhafi aurait versé 50 millions de dollars pour financer la campagne électorale de Sarkozy en 2007. Kadhafi mort, le témoin gênant a disparu.

Cela aussi a certainement compté dans l’intervention militaire française.

A.V.