La poste Charente-Maritime : une grève spontanée et massive

16 Décembre 2015

Un préavis de grève avait été déposé aux plates-formes de distribution de courrier de Royan et La Rochelle pour les vendredi 11 et samedi 12 décembre, dates de distribution des plis électoraux. Mais la colère a fait démarrer la grève plus tôt que prévu dans ces deux centres, dès le jeudi 10, jour couvert par un préavis national.

La grève a été massive pendant les trois jours, à La Rochelle comme à Royan, impliquant 90 % des 85 employés de distribution de La Rochelle, nombreux aux piquets de grève comme aux manifestations dynamiques en ville.

Les plis électoraux ont été le déclencheur de la grève. Alors que les facteurs réclamaient sans succès qu’ils leur soient donnés dès le jeudi pour avoir le temps de les distribuer, ce qui était impossible jusque-là devint possible suite au préavis de grève les vendredi et samedi ! C’est ce qui les décida à démarrer la grève dès jeudi.

Mais la principale raison de la grève est le plan de restructuration, qui ferait disparaître quatre tournées de facteurs à Royan et dix à La Rochelle, avec déménagement du centre de distribution, sans compter quatre préparateurs de recommandés et deux employés de manutention, ce qui surchargerait de travail les facteurs restants. À cela s’ajoute la menace que les paquets soient distribués avec le courrier ordinaire ; les vélos des facteurs seraient alors équipés d’un coffre, avec les dangers de prise au vent qu’on imagine, dans une région particulièrement venteuse.

Pour distribuer les plis électoraux, la direction a dû non seulement embaucher des intérimaires et réquisitionner quatre facteurs, mais aussi mettre au courrier tous ses cadres, jusqu’à de hauts cadres venus exprès de Poitiers, dont la maladresse dans un travail qu’ils découvraient a fait bien rire les facteurs. Leurs tournées étaient d’ailleurs très réduites, un aveu que les tournées normales des facteurs sont déjà trop longues !

À la reprise du travail lundi 14 décembre, les facteurs ont obtenu huit heures payées en heures supplémentaires pour distribuer le courrier en retard – l’équivalent de la paie d’un jour de grève. La direction semble marcher sur des œufs, tant la grève a suscité l’adhésion unanime des facteurs. Ses craintes semblent justifiées et c’est tant mieux. Les facteurs restent bien décidés à défendre les emplois.

Correspondant LO