COP 21 : succès pour Hollande… mais pas pour la planète !

16 Décembre 2015

Deux semaines de négociations internationales ultrasécurisées au Bourget, 40 000 participants : Hollande et Fabius n’avaient pas lésiné sur les moyens pour la mise en scène de la COP 21. Celle-ci s’achève par un succès indéniable de la diplomatie française, saluée par tous les délégués pour sa capacité à créer le consensus. Par contre, au vu du texte adopté, la planète, elle, est loin d’être sauvée.

Ainsi, l’accord final proclame la nécessité de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré » par rapport à l’ère préindustrielle. Or, d’après de nombreuses ONG, les mesures envisagées par les États à ce jour laisseraient espérer au mieux une limitation du réchauffement à 3 degrés.

De plus, alors qu’il était initialement question de fixer des objectifs chiffrés concernant la limitation des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, il ne reste à ce sujet que la vague promesse de viser « un pic des émissions mondiales […] dès que possible ».

Enfin, un des points en discussion était l’aide financière promise par les pays riches pour affronter les problèmes que le changement climatique pose aux pays pauvres. Une somme de 100 milliards de dollars leur est promise, mais ce ne serait pas la première fois que ce genre de promesse ne serait pas suivi d’effet.

Il reste en fait bien des étapes avant que l’accord soit définitivement adopté, notamment sa ratification par un nombre suffisant d’États. Et même après l’entrée en vigueur de l’accord, prévue au mieux pour 2020, il est déjà envisagé qu’un pays qui déciderait finalement de ne pas tenir ses engagements pourra s’en dédire, à condition de respecter un délai minimum de trois ans.

Contrairement à ce que prétendent Hollande et ­Fabius, l’accord n’a donc rien de contraignant, d’autant qu’il ne prévoit aucune sanction. Mais même s’il l’était davantage, le fond du problème est que, dans cette société capitaliste, les décisions économiques échappent complètement au contrôle des États et à l’intérêt collectif. Les États peuvent bien signer des traités, des conventions ou des accords de régulation du climat, les grandes entreprises ne sont guidées que par une seule règle : la recherche du profit maximum.

C’est bien pourquoi tout ce dont sont capables les dirigeants politiques de la bourgeoisie, face aux menaces inquiétantes qui pèsent sur l’humanité tout entière, c’est d’organiser ce genre de grand-messe médiatique sans aucun effet.

Nicolas CARL