Ministère de la Justice : scandale du travail au noir

09 Septembre 2015

Un récent rapport d’inspection interministériel a dévoilé l’ampleur de l’utilisation du travail au noir dans plusieurs ministères. Il s’agit d’environ 50 000 travailleurs qui n’ont aucune fiche de paye, pour qui l’État ne verse aucune cotisation sociale et qui ne bénéficient d’aucun droit au chômage ni à la retraite. Le comble est que, parmi eux, 40 000 sont embauchés par le seul ministère de la Justice, censé faire respecter la législation sur le travail. Il s’agit notamment de traducteurs-interprètes ou d’enquêteurs sociaux.

Dès 2005, Le Canard Enchaîné révélait l’existence de ces collaborateurs occasionnels du service public (COSP), qui réclamaient d’être déclarés. Depuis, les gouvernements se sont succédé et aucun n’a mis fin à ce système si pratique pour l’État employeur. La ministre de la Justice, Taubira, déclare aujourd’hui « vouloir prendre le problème à bras le corps ». Les travailleurs concernés ont de quoi être pour le moins dubitatifs puisqu’elle dirige le ministère depuis tout de même déjà trois ans. Mais lorsqu’on apprend par la voix d’un de ses porte-parole qu’un plan de recrutement rapide de seulement 45 interprètes a été décidé, la sortie médiatique de la ministre devient franchement ridicule.

Il faudra se souvenir de ces cotisations non versées lorsque le gouvernement invoquera à nouveau les déficits des caisses de Sécurité sociale pour réduire les droits à la retraite ou les remboursements de soins.

Stéphane FORT