Vous avez dit « terre d’accueil » ?

03 Juin 2015

Mardi 2 juin, la police a évacué plusieurs centaines de migrants installés dans un campement de fortune en dessous du métro aérien à Paris, dans le quartier de Barbès. Venus pour l’essentiel d’Érythrée, du Soudan et d’Éthiopie, ils vivaient dans des conditions d’insalubrité scandaleuses depuis plusieurs mois, avec trois toilettes pour près de 400 personnes et un seul point d’eau.

Des associations comme Emmaüs ou France terre d’asile ont participé à l’établissement d’une liste de 380 personnes, dont au moins une moitié de demandeurs d’asile, et même des réfugiés, qu’il fallait reloger ; beaucoup d’autres étaient en transit vers d’autres pays. Une dizaine de bus en ont emmené une moitié vers des centres d’accueil, d’autres ont été répartis dans la région parisienne, certains dans des hôtels parisiens par la mairie de Paris.

Même quand l’évacuation se fait sans violence policière, tout ce qu’on propose à ces migrants qui ont fui des pays où règnent la guerre et la misère, ce sont des hébergements temporaires et parfois rien du tout, comme en témoignait un des habitants du camp, ayant échappé au recensement, sans famille, ni nulle part où aller et qui n’envisageait que de retrouver un coin de trottoir.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui a justifié l’évacuation au nom des risques sanitaires, a eu l’audace de dire que « la France accueille des migrants » qu’elle n’a pas « les yeux fermés sur la réalité du monde. » Les migrants de La Chapelle, dont certains espéraient trouver en France « la fin de leur calvaire », voient comme beaucoup d’autres ce que valaient ces déclarations.

Sylvie MARÉCHAL