De conférence en dialogue : lois sociales contre les travailleurs

03 Juin 2015

De même que Sarkozy étranglait les travailleurs en parlant de réhabiliter le travail, Hollande détruit le droit ouvrier en affirmant empiler les lois sociales.

Lundi 1er et mardi 2 juin, les dirigeants des confédérations ouvrières et des organisations patronales étaient reçus à Matignon pour la conférence sociale annuelle sur l’emploi dans les petites entreprises. Ce même mardi, les députés devaient voter la loi Rebsamen sur le dialogue social. De Matignon, il sortira de nouvelles aides aux employeurs. De l’Assemblée nationale viendront de nouveaux coups contre les droits des travailleurs : restrictions des moyens des militants syndicaux, coupes dans la médecine du travail, assouplissement au bénéfice des employeurs d’une série de dispositions visant à limiter l’exploitation, l’inégalité homme-femme, le recours au travail précaire, etc.

Le patronat demande en outre, depuis des mois, la fin du CDI, contrat à durée indéterminée, c’est-à-dire le droit de licencier sans frais et à tout moment n’importe quel travailleur ou groupe de travailleurs. ­Valls s’est payé le luxe de faire le magnanime en affirmant qu’il n’était pas question de mettre fin au CDI. Berger, de la CFDT, et Martinez, de la CGT, ont dit leur satisfaction de voir que le gouvernement ne cédait pas aux pressions du Medef sur cette question. Mais c’est vraiment se contenter de peu !

En effet, quatre jours auparavant, les statistiques officielles pour l’année 2014 montraient que 86 % des embauches se faisaient en contrat précaire et que cette proportion augmente sans cesse. Le CDI, et les quelques protections qui lui sont attachées, concerne de moins en moins de travailleurs. Il n’y a pas eu besoin de loi pour cela, les vagues de licenciements, la latitude laissée aux patrons d’utiliser le travail précaire à grande échelle détruisent petit à petit, et de plus en plus vite, le CDI. Et tous ces ministres interchangeables, présents, passés ou futurs, d’affirmer que faciliter les licenciements aujourd’hui, ce serait assurer les emplois de demain et que l’avenir pour les travailleurs serait la précarité à vie.

Le romancier Orwell avait imaginé un monde arborant les slogans « La paix, c’est la guerre », « L’ignorance, c’est la force » et « L’esclavage, c’est la liberté ». En bon chemin, Hollande et Rebsamen en sont à psalmodier « Le licenciement, c’est l’embauche ».

Paul GALOIS