Croix-Rouge : à l’heure de l’urgence

03 Juin 2015

Un rapport de l’inspection du travail a dénoncé les infractions commises par la Croix-Rouge, qui emploie 18 000 salariés et 56 000 bénévoles. Pour 2014, il y aurait eu 3 345 dépassements de la durée quotidienne du travail fixée à 10 heures, 129 privations du repos quotidien minimal fixé à 11 heures entre deux périodes de travail. Quant aux durées de travail hebdomadaire, elles dépasseraient également le maximum légal de 48 heures. L’inspection du travail dénonce une « organisation du travail illégale, dangereuse et pathogène » notamment au siège de l’association caritative, où travaillent 480 salariés et où la plupart des infractions ont été relevées.

Une amende de 2,8 millions d’euros serait réclamée à la Croix-Rouge. À cette somme s’ajoutent la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice pour un montant total de 11 millions d’euros. Et c’est sans compter les sommes à verser à l’Urssaf au titre des cotisations sociales non perçues.

La Croix-Rouge se défend en expliquant que « malheureusement l’urgence ne prévient pas ». Sans doute aurait-il fallu embaucher, mais visiblement les moyens manquent. Devant la menace d’une amende de 11 millions d’euros, les responsables annoncent en effet qu’ils ne pourront pas payer, car la Croix-Rouge est déjà en déficit de 5 millions d’euros pour 2014. On peut les accuser de mauvaise gestion, mais le premier responsable est sans doute l’État, qui ne veut guère dépenser pour des associations humanitaires et rogne sur tous les budgets d’aide aux associations.

Il restera toujours la générosité de la population qui chaque année donne largement – 4 milliards d’euros – aux campagnes d’aide de la Croix-Rouge et des autres associations caritatives, Téléthon, etc.

Cédric DUVAL