Total : pour quelques dollars de plus…

25 Février 2015

Le 12 février dernier, le PDG de Total, Patrick ­Pouyanné, a annoncé la suppression de 2 000 postes en 2015 qui permettront, a-t-il déclaré avec cynisme, 200 millions de dollars d’économies. Les effectifs de la raffinerie de Lindsey en Grande-Bretagne devraient tomber de 580 à 400 salariés. Deux raffineries françaises, dont celle de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, devaient également être touchées par des suppressions de postes .

Le PDG justifie ces décisions par la forte baisse du prix du baril de pétrole, qui est passé de 115 dollars à 55 dollars. Ce « choc pétrolier » pourrait donc provoquer une érosion des marges de bénéfices. Aussi le PDG a-t-il annoncé qu’il faudrait réduire de 40 dollars le coût de production du baril de pétrole car, bien évidemment, il n’est pas question pour les actionnaires de voir leur profit diminuer, même faiblement. Ils n’envisagent donc que de s’attaquer aux salaires et à l’emploi.

Cette multinationale, la quatrième major mondiale, affiche depuis des années des bénéfices au-dessus de 10 milliards d’euros. En 2008, année record, le groupe avait engrangé 13,9 milliards d’euros de bénéfices. En 2012, ils étaient de 12,3 milliards d’euros. Ils ont certes baissé durant les deux dernières années mais, pour 2014, ils s’élèvent encore à 11,3 milliards d’euros. Ces milliards accumulés par les actionnaires depuis des années pourraient largement permettre d’éponger une chute du prix de vente du pétrole, aussi importante soit-elle.

Aline RETESSE