Lapeyre-Saint-Gobain : les salariés ont de quoi être inquiets

12 Novembre 2014
Deux magasins Lapeyre vont fermer, l'un à Saint-Malo, qui compte six salariés, l'autre à Verdun, qui en compte deux. Cela porte à douze le nombre de magasins fermés en quatre ans, auxquels il faut ajouter les quatre magasins fermés en Belgique en 2013. Non seulement Lapeyre ferme des magasins mais depuis un an le groupe se débarrasse de certains en les cédant à des sociétés indépendantes.

Pendant des années, le groupe Lapeyre a racheté une majorité de magasins pour confier leur exploitation à sa filiale Distrilap, expliquant aux salariés concernés qu'ils seraient largement gagnants économiquement et socialement avec un grand groupe, Lapeyre étant une filiale de Saint-Gobain. Aujourd'hui, il fait marche arrière en cédant des magasins à des sociétés indépendantes, expliquant encore aux salariés... qu'ils y seront largement gagnants économiquement et socialement ! Mais les travailleurs du magasin de Niort, par exemple, dont l'effectif a été baissé de moitié lors de sa cession à un mandataire en octobre 2010, en ont fait les frais.

En 2013, neuf magasins avec 130 salariés étaient concernés par ce plan de restructuration. Après neuf mois d'exploitation, les résultats de ces magasins font apparaître une baisse du chiffre d'affaires et, plus inquiétant, une réduction significative des effectifs. Les conditions de travail et les droits des travailleurs n'ont jamais été autant mis à mal avec les pressions managériales, les licenciements abusifs, les ruptures conventionnelles...

En abandonnant de nouveau douze magasins qui comptent 195 salariés, Lapeyre persiste et signe et compte accélérer la cession de la plupart. Le groupe anticipe tout simplement un ralentissement des affaires et en les revendant à des sociétés indépendantes, la plupart du temps dirigées par les anciens directeurs, il se prépare à déguiser un futur vaste plan de licenciements.

Pourtant, le groupe Saint-Gobain, dont l'actionnaire principal est le fonds d'investissement Wendel, a vu son chiffre d'affaires passer de plus de 37 milliards en 2009 à plus de 43 milliards en 2013. Mais ces gens-là n'en ont jamais assez et la crise est pour eux une opportunité de s'enrichir encore plus aux dépens des travailleurs.

Correspondant LO