Airbus -- Les Mureaux : échec à l'attaque contre les salaires

01 Octobre 2014
La direction de l'ensemble du groupe Airbus (anciennement EADS) a lancé des plans de réorganisation à tout-va, planifiant d'ores et déjà la suppression de 10 % des emplois dans la division Airbus Defence & Space (ex-Astrium) aux Mureaux, dans les Yvelines. Mais, dans sa politique d'économies à tout prix, elle a fini par tomber sur un os lorsqu'elle s'est attaquée aux primes que touchent la soixantaine de travailleurs partant à Kourou faire l'assemblage et les contrôles finaux de la fusée Ariane.

Refusant de perdre une partie de leur salaire, la quasi-totalité des ouvriers, techniciens et ingénieurs ont débrayé le 22 septembre. Et ce, malgré les pressions de l'encadrement, de la direction et de certains responsables syndicaux, qui ont fait le tour des travailleurs un par un pour les en dissuader.

Ce débrayage a été aussi l'occasion de dénoncer les habitudes prises par l'encadrement. Parmi celles-ci, le fait de prévenir le samedi, par SMS, de la prise de poste le lundi matin à 6 heures, ou de changer les horaires de travail d'un jour sur l'autre au dernier moment, d'une équipe d'après-midi à celle du matin par exemple.

La direction a d'abord tenté d'endormir le personnel avec ses discours sur un prétendu « effort collectif », en affirmant qu'il n'y avait rien à négocier. Puis elle a tenté, toujours en vain, de diviser les grévistes, en proposant de repousser au 1er octobre l'application du nouveau mode de calcul des primes, alors qu'une équipe devait partir dans la semaine, et l'autre le 6 octobre.

Le lendemain, dans les autres ateliers et bureaux de l'entreprise, le débrayage était commenté avec sympathie. La direction s'inquiéta aussi du risque de perturbation de l'embarquement de l'étage principal cryogénique (propulseur d'Ariane). Le débrayage avait montré la détermination des travailleurs à ne pas accepter de baisse de salaire. Face à cela, la direction a renoncé à modifier le calcul des primes.

C'est un succès, mais les travailleurs restent vigilants car la direction pourrait tout remettre en question, à la faveur de son plan de restructuration.

Correspondant LO