Retraites complémentaires : au patronat de payer, pas aux ouvriers ni aux cadres

02 Juillet 2014
Les régimes de retraites complémentaires qui touchent presque 30 millions de travailleurs du privé, en activité ou retraités, sont en déficit. Le régime spécifique aux plus de 6 millions de cadres, l'Agirc, pourrait même épuiser ses réserves d'ici 2019. En mars dernier, le gouvernement a déjà annoncé le gel des pensions de retraites complémentaires. D'autres attaques se préparent.

En plus de cotiser pour leur retraite à la Sécurité sociale, 18 millions de salariés cotisent au régime complémentaire de l'Arrco. Et 11,8 millions de retraités touchent une pension complémentaire de ce régime. Le régime spécifique des cadres, l'Agirc, concerne lui, actuellement, 4 millions de cotisants et 2,7 millions de retraités.

La principale menace patronale, relayée par certains représentants syndicaux gestionnaires de ces organismes de retraites complémentaires, est de baisser carrément le niveau des pensions complémentaires versées. Cela pourrait même aller jusqu'à une baisse de 11 % pour les cadres.

Il serait dans l'air également de fusionner les deux régimes complémentaires car l'Arcco est moins en déficit que l'Agirc. Cela reviendrait à faire payer les retraites des cadres, non par le patronat mais en partie avec les cotisations des autres travailleurs. Ce qui ne changerait rien d'ailleurs au creusement du déficit. Les représentants patronaux parlent aussi de mettre en place un abattement pour les retraités qui voudraient faire valoir leurs droits avant 65 ans.

Ces attaques ou d'autres pourraient être annoncées dès le mois de novembre de cette année. D'ici là, représentants patronaux et syndicaux de ces organismes paritaires ont prévu de mettre en place un « groupe de travail ». Pas besoin d'être devin pour savoir qu'il n'en sortira rien de bon pour les salariés. Les travailleurs, qu'ils soient ouvriers ou cadres, n'ont pas à assumer les déficits des différents régimes de retraite. Et c'est au patronat de payer les pensions de tous ceux qu'il a usés et exploités, toutes catégories confondues.

Pierre ROYAN