Crèche Baby-Loup : la justice donne raison à sa directrice

02 Juillet 2014
Après cinq années de procédure et de jugements contradictoires, la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire, a donné raison à Natalia Baleato, la directrice de la crèche Baby-Loup de Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, dans le conflit qui l'opposait à l'une de ses salariées, licenciée pour avoir refusé d'ôter son voile islamiste.

Il ne s'agissait pas d'un simple conflit du travail, ni même d'un débat d'idées entre les partisans de la laïcité et un courant religieux, mais de la résistance d'une femme militante et courageuse à l'offensive menée par les islamistes de la cité. Baby-Loup n'est en effet pas une crèche comme les autres. Son but est de permettre aux femmes, dont beaucoup sont seules à élever leurs enfants, d'acquérir une indépendance financière. Ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, elle est un atout pour celles (et aussi pour ceux) qui travaillent en horaires décalés. Il est possible en outre d'y déposer un enfant pour quelques heures, le temps par exemple de se rendre à un rendez-vous d'embauche ou d'effectuer des démarches administratives. De plus, elle offre aux femmes des cours de formation pouvant déboucher sur des emplois.

Faciliter la vie des femmes et oeuvrer à leur émancipation, c'était plus que n'en pouvaient tolérer les intégristes islamistes de Chanteloup. Au travers de l'employée voilée et en utilisant insultes, intimidations et menaces, ils ont réussi à créer un climat peu propice à l'épanouissement de jeunes enfants, et l'équipe de la crèche a préféré s'installer dans la ville proche de Conflans-Sainte-Honorine, où une partie des parents peuvent continuer à amener leurs enfants.

Même si la crèche a été contrainte de déménager, la décision de la Cour de cassation est cependant une victoire pour Natalia Baleato. La justice reconnaît ainsi la justesse du combat politique que celle-ci a mené contre une minorité d'intégristes qui cherchent par tous les moyens à imposer leur conception réactionnaire de la société.

Marianne LAMIRAL