Assistance publique des hôpitaux de Marseille : coups de colère des infirmiers de la psychiatrie

02 Juillet 2014
Depuis plus de trois semaines de nombreux infirmiers, sur les quelque deux cents des services de psychiatrie de l'APHM, ont engagé un mouvement contre la suppression en cours de treize postes. Ils sont soutenus par les syndicats CGT, FO et SUD.

La direction, pour justifier le non-remplacement de tous les partants, et évaluer le nombre d'infirmiers nécessaires, a fait un calcul alambiqué qui ne prend pas en compte les absences pour accidents, maladies et maternités et obtient ce qu'elle appelle « l'effectif cible ».

C'était une attaque de plus s'ajoutant à des conditions de travail déjà très difficiles. En psychiatrie, le travail, c'est non seulement soigner des patients agités, imprévisibles, en demande constante, mais aussi les accompagner à l'extérieur, pour des démarches administratives, des courses, des examens médicaux, et ce travail absolument nécessaire n'est pas du tout pris en compte par la direction. Les infirmiers expliquent qu'ils ne peuvent plus effectuer ces tâches comme il le faudrait. Lorsqu'ils se retrouvent à deux, ils ne peuvent pas prendre le risque de laisser un collègue tout seul dans un service de quatorze, voire seize malades, alors qu'un patient peut faire une crise à tout moment et que, là, il faut être plusieurs pour le calmer.

Du fait des réquisitions, les infirmiers qui se considèrent comme grévistes se retrouvent à travailler ; aussi pour se faire entendre ils essaient de multiplier les actions. Par trois fois, ils sont allés manifester dans les réunions de la direction où ils ont dénoncé leurs conditions de travail.

Du côté des directeurs, dûment programmés, c'est la rengaine : « On n'a pas le choix ; il faut se rapprocher de l'effectif cible. »

Après la troisième manifestation, où les infirmiers étaient encore près de quatre-vingts, la direction leur accordait quatre postes. Mais cela ne fait toujours pas le compte ! Et mercredi 25 juin, les infirmiers ont bloqué tous les accès à la Direction générale. Les agents, les ingénieurs, les directeurs se retrouvaient « enfermés dehors ». Ce fut l'occasion pour les manifestants de discuter avec les employés et de se rendre compte que le manque de personnel, le stress, la pression au travail, font partie du quotidien de tous.

Après une âpre discussion, les manifestants arrachaient la promesse d'un infirmier supplémentaire de jour et la promesse de remplacer dorénavant ceux qui quitteraient leur unité. Une réunion avec les cadres pour les équipes de nuit est prévue pour discuter des besoins.

Pour l'instant, les infirmiers ne lèvent ni le pied... ni leur préavis de grève qui reste en cours !

Correspondant LO