Impôt sur la fortune : On ne donne qu'aux riches11/12/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/12/une2367.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Impôt sur la fortune : On ne donne qu'aux riches

L'impôt sur la fortune (ISF) vaut aux 7 630 contribuables les plus riches une économie d'impôts de 100 000 euros en moyenne. Tel est le bilan fait par le ministère de l'Économie. Cette année, le gouvernement attend de l'ISF des recettes un peu supérieures à 4 milliards d'euros mais il aura fait l'impasse sur 730 millions déduits des impôts des plus fortunés.

Si c'est moins voyant que le chèque de 30 millions d'euros envoyé à Madame Bettencourt en 2008 au titre du bouclier fiscal, cela représente néanmoins pour l'État un important manque à gagner comme à l'époque du bouclier fiscal, ce « symbole de l'injustice fiscale » que stigmatisait un certain Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, avant ses déboires fiscaux.

Hollande, dans son programme électoral, avait déclaré qu'il reviendrait « sur les allègements de l'impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite en relevant les taux d'imposition des plus gros patrimoines ». Dès octobre 2012, la réforme proposée se bornait à augmenter légèrement le taux d'imposition sur certaines tranches de l'ISF de 0,5 à 1,5 %, sans jamais rétablir le taux d'avant 2011 qui allait de 0,55 % à 1,8 %, en maintenant le seuil de perception à 1,3 million d'euros de patrimoine, au lieu de 800 000 euros avant 2011. Et, pour finir, le gouvernement a décidé de plafonner l'ISF en limitant l'ensemble des impôts payés à 75 % des revenus. L'esprit du gouvernement Sarkozy était sauvé par Hollande..

Les revenus en question ne sont évidemment pas ceux de la modeste retraitée devenue assujettie à l'ISF sous prétexte que sa maison, sous l'effet de la spéculation immobilière, aurait pris une valeur astronomique, comme une certaine propagande le répétait. 90 % de la ristourne sont accaparés par les ménages dont le patrimoine dépasse 10 millions d'euros, officiellement, optimisation et évasion fiscales mises à part.

En ce qui concerne les modestes retraités, mais aussi les travailleurs, tous les salariés, les petits contribuables en tout genre, ils ont vu arriver une feuille d'impôts salée, parfois pour la première fois de leur vie. Et pourtant leurs « revenus » ne viennent que de leur travail, pas de l'exploitation d'autrui, ni de la spéculation, ni de jetons de présence dans les conseils d'administration, les seules sources qui devraient être imposées, et lourdement.

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