Les grandes oreilles américaines : les États sont à notre écoute

31 Octobre 2013
Jour après jour, depuis les révélations d'un ancien salarié de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), l'étendue de l'espionnage pratiqué par les États-Unis se confirme.

La NSA est ainsi capable d'intercepter et de traiter des dizaines de millions d'appels téléphoniques en France, en Espagne ou dans tout autre pays au monde, de mettre sur écoute spécifique trente-cinq chefs d'État ou de gouvernement. Le renseignement américain dispose pour cela d'un budget annuel de soixante-quinze milliards de dollars. Le seul programme d'interception électronique occupe quarante mille fonctionnaires, disposant de centaines de satellites, des ordinateurs les plus puissants, de l'accès aux archives des sociétés opérant sur Internet, à commencer par Google. Ce programme, lié à l'origine à la « lutte contre le terrorisme », est devenu un système généralisé d'espionnage, couvrant aussi bien les questions politiques, les relations internationales, les dossiers économiques que les adultères auvergnats ou piémontais.

Les gouvernements, particulièrement les fidèles alliés européens des États-Unis, ont fait semblant d'être outragés et ont demandé des explications. Les responsables américains ont commencé par dire que tout cela était faux, puis que c'était pour leur bien qu'on écoutait les gens et, finalement, Obama lui-même réfléchirait à améliorer les choses, au moins en ce qui concerne les chanceliers et autres présidents.

Personne n'y croit. D'autant que les gouvernements européens étaient parfaitement au courant, les États s'espionnant entre eux depuis qu'il en existe. C'est dire qu'ils font tous la même chose, chacun à son échelle.

En France, l'État possède évidemment ses services, ses ordinateurs, ses satellites. Ils sont capables de mettre sur écoute qui ils veulent, d'accéder à toutes les communications téléphoniques ou électroniques sur le territoire. Et quand le besoin s'en fait sentir, comme lors des interventions en Libye ou au Mali, le gouvernement français sait faire appel aux services de renseignements électroniques américains.

Ainsi, rien n'est secret pour les États les plus puissants, et particulièrement pour le premier d'entre eux, les États-Unis. Ils ont les moyens de tout savoir sur tout le monde. Ils pourraient donc connaître et intercepter toutes les informations relatives aux déplacements de capitaux, spéculations, évasions fiscales, famines provoquées, catastrophes économiques annoncées et autres cataclysmes déclenchés par ces capitalistes, tous reliés à Internet et perpétuellement le portable à l'oreille.

S'ils ne le font pas, c'est bien qu'ils ne le veulent pas.

Paul GALOIS