Écotaxe : une lutte contre une taxe injuste

31 Octobre 2013
Il n'a pas fallu longtemps pour que le gouvernement fasse, une fois encore, une brusque volte-face. Prenant en compte, a-t-il dit, les affrontements qui ont eu lieu à Pont-de-Buis dans le Finistère, Ayrault a décidé de reporter la mise en oeuvre de l'écotaxe, mesure décidée sous Sarkozy et qui devait entrer en application le 1er janvier 2014. Cette écotaxe aurait dû frapper les camions dépassant 3,5 tonnes qui emprunteraient certaines parties du réseau routier français.

Cette taxe, comme tous les impôts indirects, aurait été inégalitaire, même si elle semblait toucher au même titre toute une corporation. Car proportionnellement, elle aurait frappé plus durement les catégories les plus modestes alors que les grandes entreprises de transports en auraient moins souffert. Ces dernières, même si elles avaient dû la payer, disposent de nombreux moyens pour la faire supporter à d'autres. Ne serait-ce qu'en la répercutant sur les prix des services qu'elles fournissent aux grandes entreprises de distribution, qui à leur tour auraient toute liberté de la répercuter sur les prix aux clients. Et ce sont ces derniers qui auraient été les principaux, voire les seuls, contributeurs de cette taxe.

Les petits transporteurs chauffeurs routiers, les artisans, qui vivent de leur travail et se sont bien souvent saignés pour s'acheter un, voire deux ou trois camions – et ils sont nombreux dans ce cas – n'ont pas les mêmes possibilités que les grandes entreprises de transport. Ils sont contraints de serrer leurs prix, sous peine de faillite. On peut donc comprendre leur colère, la soutenir et s'en montrer totalement solidaire.

Ceux qui se sont battus contre cette taxe injuste ont cependant mené leur combat en commun avec d'autres comme les entreprises capitalistes du transport, les grandes chaînes commerciales, qui sont non seulement dans le camp opposé aux travailleurs, mais qui sont aussi les adversaires des artisans qu'ils écrasent. Ce sont eux qui tireront le principal bénéfice de ce combat.

Ce qu'on peut en conclure, c'est que les travailleurs ont intérêt, en matière fiscale comme pour le reste, à proposer une politique, qui les unisse à ceux qui vivent comme eux de leur travail, mais qui les oppose au grand capital, leur ennemi commun.

Jean-Pierre VIAL