Le jour de libération fiscale n'est pas arrivé

01 Août 2013

Les médias ont parlé en cette fin juillet du « jour de libération fiscale », ce jour où un salarié est supposé cesser de travailler « pour l'État » et commencerait à travailler pour lui. Le calcul additionne pêle-mêle les impôts directs et indirects, tous types de cotisations sociales dont celles concernant la santé, l'éducation, le chômage, la retraite... le tout ramené sur 365 jours.

Sur son site, TF1 proclame : « Votre salaire est enfin à vous ». C'est une campagne qui présente l'État et tout financement public comme prédateurs face à l'individu qui devrait être plus libre. Mais à quoi cela servirait-il d'être « libre » dès le 1er janvier s'il fallait payer soi-même l'école, la santé ou renoncer à toute protection sociale ? Les salariés américains dont le « jour de la libération fiscale » tomberait le 24 mai sont-ils vraiment « libérés » en payant eux-mêmes pour l'essentiel une santé qui leur coûte plus cher et les couvre peu ?

S'il fallait calculer quelque chose, ce serait plutôt le jour où on est libéré des prélèvements des actionnaires qui, eux, sont les vrais parasites.

Alain LECAIRE