Safen-Onet – Cholet (Maine-et-Loire) : En grève pour les salaires !25/07/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/07/une2347.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Safen-Onet – Cholet (Maine-et-Loire) : En grève pour les salaires !

Depuis le vendredi 5 juillet, c'est la grève à la Safen-Onet à Cholet, sous-traitant logistique de Michelin, qui emploie 36 salariés dont le travail consiste à mettre les pneus fabriqués dans les camions. Si certains sont remplis avec des engins de manutention, la plupart sont remplis manuellement : un travailleur à l'approvisionnement, un autre à l'intérieur du camion pour charger 1 200 pneus, ou « enveloppes », en 45 minutes. C'est un travail de bagnard, surtout l'été lors des grosses chaleurs.

Dans les années 1990, Michelin avait décidé de recourir à un sous-traitant, car le chargement était une véritable fabrique à handicapés. Accidents du travail et maladies professionnelles cassaient le bilan sécurité du patron... et la santé des travailleurs. Avec la sous-traitance, les conditions de travail ont continué à se dégrader, mais le procédé a permis à Michelin de maquiller la réalité en se cachant derrière la Safen-Onet.

La grève a entraîné dès le début les trois quarts des effectifs. Son motif ? Les salaires, que la Safen-Onet a gelés : 0 % d'augmentation en 2013. C'est une provocation car les salaires sont déjà très bas : 1 140 euros en journée normale et 1 300 en 3x8, après dix ans d'ancienneté.

À ces bas salaires insuffisants pour vivre s'ajoute la dégradation des conditions de travail. Les cadences sont de plus en plus lourdes. Entre 2006 et aujourd'hui, 18 postes en CDI ont été supprimés pour faire le même travail, voire plus. Les grévistes revendiquent une augmentation de salaire de 4 %, le paiement des jours de grève et la réparation des engins de manutention toujours en panne.

Au cours des dix premiers jours de grève, la Safen-Onet, avec l'accord de Michelin, a fait venir des agents de maîtrise du Mans, de Tours... et même de Valenciennes, Lyon et Marseille ! Ce personnel « de luxe » n'a pas été capable de remplir plus de quatre camions par jour. Il a chargé 4 000 pneus, au lieu des 25 000 faits habituellement.

Les 26 grévistes sont plus soudés que jamais. Ils discutent et décident de leurs revendications et de leurs actions en assemblée. Un vent de dignité et de fraternité souffle au-dessus de la Safen-Onet et de Michelin, où le soutien financier s'organise.

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