Belleville-sur-Loire (Cher) : victoire des grévistes de la centrale nucléaire

25 Juillet 2013

Depuis le 13 mai, douze employées des sociétés Océ et Exirys, sous-traitantes de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire étaient en grève. Travaillant comme secrétaires ou à l'accueil, elles réclamaient leur embauche comme agents EDF, ce qu'avait d'ailleurs recommandé un inspecteur de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) il y a un an. En fait, il s'agissait d'un prêt illicite de main-d'oeuvre, puisqu'elles sont en permanence sur la centrale et font un travail effectué auparavant par du personnel EDF. Vendredi 12 juillet, la direction de la centrale cédait et huit des douze employées étaient embauchées par EDF sur leur poste.

Pendant la grève, la direction d'EDF comme celles des entreprises sous-traitantes, ont multiplié les provocations et les manoeuvres, comme celle, mesquine, d'interdire aux grévistes l'utilisation d'une table pour leurs repas, sous prétexte qu'elle appartenait à EDF. Il y eut aussi des propositions financières : une première fois, 50 000 euros par personne, une deuxième fois, 700 000 euros pour tous, si quatre grévistes étaient d'accord. Les grévistes ont tout rejeté, leur revendication était simple : intégration de toutes à EDF.

La détermination des grévistes a reçu le soutien du personnel de la centrale et en particulier du personnel féminin des prestataires : femmes de ménage, documentalistes, accueil. Chaque jour, le repas pris en commun était joyeux et combatif.

Même s'il reste encore trois grévistes non encore embauchées, EDF a dû céder. La détermination des grévistes, la publicité faite à la grève, le fait qu'EDF ne respecte pas la loi (même Delphine Batho, l'ex-ministre de l'Énergie, n'en revenait pas) ont obligé EDF à changer de langage et à embaucher les grévistes.

Ce problème des sous-traitants existe dans toutes les centrales, L'exemple de Belleville doit être contagieux.

Correspondant LO