Auxiliaires de vie scolaire (Haute-Garonne) : le recteur contraint de reculer

18 Juillet 2013
En Haute-Garonne, 25 classes spécialisées ULIS (unités localisées d'inclusion scolaire) accueillent des jeunes en situation de handicap dans des collèges et lycées professionnels. En plus d'un enseignant, une AVS (auxiliaire de vie scolaire) est chargée d'accompagner ces adolescents dans leur scolarité.

Le rôle de ces AVS est essentiel auprès de ces jeunes. Malgré cela, la formation qui leur est donnée est quasi inexistante. De plus, leurs contrats sont très précaires : renouvelables chaque année, avec un maximum de six ans.

Il y a deux ans, sous le précédent gouvernement, alors qu'elles exerçaient à temps plein, leur contrat était passé à 80 %, ce qui réduisait d'autant le temps d'accompagnement des jeunes – et leur salaire ! Mais, à la veille des vacances, elles ont appris qu'à la rentrée prochaine ce serait 50 % ! Et que leur salaire serait donc réduit à 50 % du smic.

Le mercredi 3 juillet, un rassemblement devant le rectorat de Toulouse a regroupé une centaine d'AVS, d'enseignants, de parents d'élèves. Le recteur n'avait jusque-là pas daigné recevoir les AVS, mais il avait tout de même pris le temps, le matin du rassemblement, de convoquer la presse pour vanter les bienfaits de ses mesures.

Parmi son catalogue : « Il faut harmoniser les dispositifs existants »... et bien sûr par le bas : 50 % pour tous ! « Il y aura des contrats supplémentaires au mois de septembre » Mais ces nouveaux contrats (contrats uniques d'insertion) seront encore plus précaires car limités à deux ans. Bien sûr, ces mesures étaient enrobées d'arguments sur la nécessité de « favoriser l'inclusion scolaire et professionnelle en milieu ordinaire des jeunes en situation de handicap ». Bref, des mots creux pour justifier une attaque insupportable contre les AVS et les élèves scolarisés dans ces classes spécialisées.

Le lundi 8 juillet, un nouveau rassemblement au rectorat réunissait, malgré les vacances, une soixantaine de personnes bien décidées à ne pas en rester là. C'était l'occasion de se donner rendez-vous à la fin des congés pour décider de futures actions, les syndicats étant appelés à déposer un préavis de grève pour la semaine de rentrée.

Deux jours plus tard, le recteur cédait et accordait 30 % supplémentaires aux AVS, revenant donc aux 80 %. Le raffut autour de cette mesure et la menace de perturber la rentrée l'avaient enfin contraint à reculer.

Mais, pour les AVS, l'exigence reste le retour à 100 % et un emploi pérenne. Aussi l'assemblée de rentrée est maintenue pour faire le point et... fêter cette victoire !

Correspondant LO