Suède – émeutes dans les quartiers populaires : les inégalités en hausse

29 Mai 2013

Depuis le 19 mai, des affrontements entre jeunes et policiers ont eu lieu en Suède, en particulier à Husby, quartier populaire de Stockholm. Des voitures ont été incendiées, plusieurs écoles et bibliothèques vandalisées, un commissariat a brûlé. Ces violences se sont déroulées également dans d'autres villes de moindre importance. Les émeutes ont eu lieu après que les policiers eurent abattu à Husby un homme de 69 ans, qui paraît-il brandissait une machette. La population de ces quartiers juge les forces de l'ordre racistes, et surtout il y a un profond malaise social.

Des affrontements du même ordre avaient déjà eu lieu en 2010 dans la capitale et en 2008 à Malmö dans le quartier pauvre de Rosengard.

Les partis d'extrême droite ont mis en cause la politique d'immigration du gouvernement « trop généreuse » à leur goût. 15 % de la population suédoise est immigrée. Mais justement les jeunes d'origine immigrée, qui vivent dans les quartiers pauvres, ressentent, non pas de la générosité, mais les inégalités, la marginalisation et la ségrégation en matière de logement et d'emploi. Et si en Suède le taux de chômage se situe autour de 8 %, à Husby un jeune sur cinq est sans travail.

Selon un rapport, en 1995, la Suède était l'État qui affichait le moins d'inégalités de revenus parmi les 34 pays de l'OCDE. Aujourd'hui elle se trouve en 14e position.

Si la coalition de droite au pouvoir depuis 2006 a baissé les pensions de certains retraités et les allocations de chômage, elle a aussi baissé les impôts, ce qui a fait moins de rentrées pour l'État et les communes, et donc moins de moyens pour compenser un peu les inégalités sociales. Par contre, les aides aux entreprises automobiles comme Volvo ou Saab n'ont pas manqué, ainsi que le soutien financier aux banques. Mais comme le fait remarquer le quotidien suédois Svenska Dagbladet, les écarts de revenus augmentaient aussi sous les gouvernements précédents, qui eux étaient sociaux-démocrates.

Certains commentateurs se sont étonné que ce type d'émeutes que l'on a connu en 2005 en France ou en 2011 en Angleterre puisse avoir lieu en Suède. Mais c'est dans toute l'Europe que la classe ouvrière et sa partie la plus pauvre paient par la baisse de son niveau de vie le maintien des profits de la classe capitaliste.

Catherine OLIVIER