Retraites : Hollande dans les pas de Sarkozy

29 Mai 2013

Pour justifier l'attaque qu'il prépare sur les retraites, Hollande a repris lors de sa conférence de presse du 16 mai le vieil argument utilisé avant lui par Sarkozy ou Balladur : « Si l'espérance de vie s'allonge, il faudra bien travailler plus longtemps. » Et comme eux il a agité l'épouvantail du trou creusé par le déficit du régime des retraites : « 15 milliards d'euros aujourd'hui, 20 milliards en 2020. »

Il suffirait pourtant que les 20 milliards d'euros versés aux patrons pour le crédit d'impôt compétitivité, dont il se vantait quelques minutes auparavant, soient affectés aux retraites pour que le déficit soit intégralement comblé. Quant à l'allongement de l'espérance de vie, le simple fait que la productivité du travail ait été multipliée par seize lors du siècle dernier pourrait largement permettre au patronat de financer une longue retraite aux salariés qui ont fait la fortune de leurs employeurs.

Il n'y a pas de problème lié au fait que l'on vive plus vieux. Le seul problème est l'avidité patronale, à laquelle Hollande est aujourd'hui prêt à sacrifier les travailleurs âgés. Les organisations patronales et syndicales convoquées au mois de juin en « conférence sociale » auront juste à discuter de différentes options qui, toutes, signifieront une dégradation des conditions d'existence des travailleurs et des retraités : allongement de la durée de cotisation nécessaire pour partir à taux plein, réduction des retraites, nouveau recul de l'âge légal de départ.

C'est ce que Hollande appelle le dialogue, et qui consiste à exécuter les volontés du patronat avec la complicité de certaines organisations syndicales.

Daniel MESCLA