PSA Aulnay-sous-Bois : la fin de la grève... mais pas du combat

29 Mai 2013
Depuis mardi 21 mai, la grève est suspendue à Aulnay. Ce jour-là, les travailleurs ont tenu à manifester dans les ateliers pour bien signifier à la direction qu'ils ne se sentaient ni écrasés, ni résignés. D'ailleurs la production n'a toujours pas repris dans l'usine.

Toute la semaine, les anciens grévistes ont continué à se réunir car il reste de nombreux problèmes à régler. Quand les premiers volontaires sont allés dans les bureaux de la direction pour discuter de leur départ, ils ont constaté à quel point la direction était incompétente dans son organisation. Par exemple, les estimations pour les indemnités de départ étaient systématiquement fausses. Il a fallu intervenir collectivement et la direction, devant la réaction des anciens grévistes, a dû se mettre dans les clous.

Dans les ateliers, tout le monde continue de discuter de la grève et du protocole de fin de grève. Certains travailleurs souhaitent eux aussi, à juste titre, une indemnité de départ supérieure et des garanties sur les mutations. Du coup, lundi 27 mai, 80 travailleurs débrayaient au Montage et au Ferrage pour réclamer à la direction qu'elle étende à tous les salariés de l'usine les avantages obtenus par les grévistes. Ils ont trouvé, naturellement, le soutien des militants de la grève pour les accompagner et les représentants de la direction n'en menaient pas large. Ce premier débrayage réussi en appelle bien d'autres et un certain nombre de travailleurs ne sont pas prêts à en rester là.

Un autre sujet de discussions, ce sont les attaques de PSA qui se poursuivent.

Mercredi 22 mai, au comité central d'entreprise, la direction annonçait la fermeture du site de Meudon-la-Forêt dans les Hauts-de-Seine. PSA parle de « simple déménagement » sans suppression de postes vers Poissy ou Vélizy. En fait, les 660 salariés et les 140 prestataires concernés n'ont aucune garantie sur leur sort, s'ils ne peuvent se faire muter à Poissy. Et même s'ils acceptaient leur mutation forcée, quelle garantie d'avoir un poste de travail à Poissy, où la direction annonce déjà un sureffectif ? Pire : parmi les 660 travailleurs, une vingtaine viennent du site de Melun, fermé en 2011. Ils avaient à l'époque refusé d'aller à Vesoul, et voilà maintenant que la direction voudrait à nouveau leur imposer d'aller à... Vesoul.

Le gouvernement a bien entendu immédiatement apporté sa caution à cette nouvelle fermeture de site. Ainsi, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a repris à son compte les propos de la direction, devenant plus directement encore la porte-parole du gouvernement PS...A.

Enfin, la direction de PSA continue de mener la bataille contre l'ensemble des travailleurs du groupe en entamant des « négociations » en vue d'accords dits de compétitivité, sur le modèle de ceux de Renault.

Après l'annonce du plan de 11 200 suppressions d'emplois sur le groupe, dont la fermeture d'Aulnay et les 1 400 licenciements à Rennes, c'est la deuxième partie de l'attaque. Avec ces « négociations » sur les accords compétitivité, non seulement la famille Peugeot veut imposer de nouveaux reculs aux travailleurs pour la défense de ses profits, mais elle espère le faire avec l'aval des syndicats. Elle compte les impliquer en les faisant discuter, lors de ces réunions, de la meilleure façon d'accroître la productivité, c'est-à-dire l'exploitation, pour finir par leur faire signer un accord.

Le patron compte s'en prendre à tous les travailleurs du groupe, c'est donc bien à cette échelle qu'il est important de préparer une riposte générale. Et, dans ce contexte, la grève de quatre mois à Aulnay et ses résultats peuvent donner le moral à tous ceux qui ne veulent pas se résigner à recevoir les coups sans réagir.

La direction centrale de PSA en est à sa façon bien consciente. Ainsi, le 29 mai, elle a annoncé l'extension des conditions du protocole obtenu par la grève à tous les salariés de l'usine d'Aulnay.

Ce recul de la direction est à mettre à l'actif de la grève qui avait ouvert la brèche.

Correspondant LO