Guadeloupe et Martinique : halte à l'empoisonnement des populations !

29 Mai 2013

L'épandage aérien est interdit sur le territoire français par une directive européenne de 2009, dont les modalités d'application sont précisées par la loi Grenelle 2 de 2010. Après trente ans d'épandage du chlordécone, l'enchaînement scandaleux des dérogations accordées par les préfets successifs, en Guadeloupe comme en Martinique, au nom de l'État, rend cette pratique illimitée dans le temps et ne révèle aucune volonté d'aboutir dans l'immédiat à des solutions plus adaptées au respect de l'environnement.

Les engins des groupements bananiers déversent sur la population des tonnes de produits toxiques, tandis que les Antilles consomment, par unité de surface, trois fois plus de pesticides qu'en France. Cette pollution est, de plus, toujours au service des mêmes ! Les responsables gouvernementaux se rendent complices de ceux qui, pour le seul profit, continuent de mettre en danger la santé des populations, en particulier celle des enfants.

Ils disent vouloir sauvegarder des emplois. C'est un mensonge ! Des milliers de travailleurs ont déjà été licenciés dans le secteur de la banane et demain, quand ça les arrangera, les planteurs n'auront aucun scrupule à continuer. À l'heure actuelle, à cause des zones de pêche interdites, le chômage plonge dans la détresse un grand nombre de marins pêcheurs et, jusqu'ici, l'État ne leur propose rien de concret pour les aider à se restructurer.

En Guadeloupe, quatre associations, regroupées au sein d'un collectif Vigilance citoyenne, sont allées en référé et ont obtenu l'annulation de la deuxième dérogation par le tribunal administratif. Mais le ministre de l'Agriculture a fait appel de cette décision, prouvant d'une part son soutien indéfectible au lobby bananier, et d'autre part son entière indifférence envers une opinion populaire largement opposée à la reprise de l'épandage aérien des pesticides.

Pour qu'un arrêt immédiat et définitif soit mis à l'épandage aérien des pesticides et pour l'ouverture du procès du chlordécone, la lutte doit continuer. Différentes organisations, dont Combat Ouvrier (UCI), appellent à manifester le 1er juin à 9 heures, place de la Victoire à Pointe-à-Pitre.

Correspondant CO