Arrestation de militants syndicaux : les casseurs, c'est les patrons

29 Mai 2013

Deux des cinq militants syndicaux CGT de Roanne poursuivis pour des tags sur le bâtiment de la sous-préfecture lors du mouvement sur les retraites de 2010, pourtant dispensés de peine en novembre dernier, ont été arrêtés jeudi 23 mai à leurs domiciles et placés en garde à vue, pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN.

Lors de leur garde à vue, les deux syndicalistes arrêtés ont de nouveau refusé de se soumettre au prélèvement de leur empreinte génétique et à l'inscription qui en découle au fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). Remis en liberté, ils sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Roanne pour le 5 novembre 2013. La justice s'acharne donc sur ces militants dont le seul « crime » est d'être les auteurs de quelques tags.

En 2003, la loi Sarkozy a permis d'étendre les inscriptions à ce fichier national automatisé des empreintes génétiques aux auteurs de simples délits, tels que vols, tags, arrachage d'OGM. Elle a servi à plusieurs reprises à poursuivre des militants en lutte, comme en 2009 lors de la lutte des travailleurs de Continental. La lutte de travailleurs pour défendre leurs droits est ainsi assimilé à un crime, ce qu'elle est aux yeux du patronat.

Hollande poursuit le même chemin que Sarkozy, comme le montre le fait qu'il se soit prononcé contre la perspective d'une amnistie sociale. Dans une récente conférence de presse, il a déclaré qu'il pourrait certes y avoir « des cas exceptionnels » de syndicalistes qui pourraient être examinés. Mais, « il faut regarder plus précisément cette question et de ne pas rentrer dans la logique de l'amnistie », a-t-il ajouté, répétant qu'il y avait « des actes qui ne sont pas tolérables et n'ont pas à être amnistiés. Quand on détruit un bien, c'est un très mauvais exemple. » Mais que dire alors de la destruction de milliers d'emplois par un patron ?

Aline RETESSE