Achat de drones : les urgences du gouvernement

29 Mai 2013

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est félicité de l'accord donné par le Pentagone à l'achat de drones américains, ces Reaper destinés à être envoyés au Mali d'ici à la fin 2013. Cet achat était paraît-il une urgence !

L'armée française aurait bien des petits drones tactiques, mais ils ne seraient pas aussi performants que ceux de l'armée américaine. En tout cas, la nouvelle de cet achat n'a réjoui ni Bernard Gerwert, patron de Cassidian, la branche défense d'EADS, ni Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui a souligné ainsi « le danger que représente l'achat de drones américains pour l'avenir de nos industries en Europe ». Tout le monde l'aura compris, ces messieurs souhaiteraient que l'État français, leur État, qui fonctionne précisément pour servir les intérêts des patrons français, d'EADS et de Dassault, leur passe préférentiellement les commandes. Quand le PDG de Dassault emploie l'expression « l'avenir de nos industries en Europe », il faut bien sûr comprendre l'avenir de ses profits. Il s'agit donc de rappeler au gouvernement qu'il ne doit pas oublier d'aider financièrement les actionnaires d'EADS et Dassault à lancer leurs propres programmes de construction de drones.

Ces Reaper que le gouvernement semble pressé d'utiliser au Mali sont, rappelons-le, des engins de mort : les drones américains auraient tué près de 5 000 personnes depuis 2002. Ils coûtent cher en vies humaines, et ils coûtent cher tout court : 300 millions les 5 à 7 Reaper, dont chacun « brûle » 6 000 euros par heure de vol. Mais Hollande, qui parle d'économies sur tous les services publics, n'hésitera pas à débourser de telles sommes.

Aline RETESSE