Procès Servier : Selon que vous serez puissant ou misérable...22/05/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/05/une2338.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Procès Servier : Selon que vous serez puissant ou misérable...

Mardi 21 mai, le procès pénal contre Jacques Servier, président et fondateur du laboratoire qui porte son nom, et quatre de ses plus proches collaborateurs a repris. Ils comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour « tromperie aggravée ».

En effet, pendant plus de trente ans, Servier a vendu du Mediator – plus de 150 millions de boîtes (!) – en masquant la véritable nature de ce médicament. Volontairement, dans les années 1990, parce que le marché s'annonçait plus rentable, Servier a continué à présenter son Mediator comme un antidiabétique alors qu'il s'agissait d'un coupe-faim. Il a donc dissimulé les risques graves qu'il faisait courir aux patients quand tous les coupe-faim ont été finalement retirés du marché.

Si le procès a « repris », c'est parce qu'il y a tout juste un an, les avocats de Servier l'avaient fait arrêter puis que, au mois d'août dernier, la Cour de cassation avait rejeté leur demande. Tout cela uniquement pour des raisons de procédure. Le pire est que ces arguties juridiques risquent bien d'entraîner un nouveau report du procès et même, si on en croit certains avocats, la relaxe pure et simple de Servier !

Avec son armada de services juridiques et d'avocats à sa solde, le Laboratoire Servier fait tout pour retarder le procès. Il en a les moyens, des moyens qu'il a gagnés en partie en vendant sciemment un médicament dont il savait qu'il pouvait se transformer en poison. Servier gagne du temps, nie tout en bloc. Les victimes, elles, souffrent. Selon Irène Frachon, la pneumologue brestoise qui a eu le courage de s'attaquer à Servier et de dénoncer ses méfaits, deux de ses patients en sont morts dans l'année qui vient de s'écouler. À quand les autres ?

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