Droit de vote des étrangers extra-communautaires : un gouvernement de pleutres

21 Mars 2013

Fatoumata, une Sénégalaise qui travaille en France depuis six ans, y loue un appartement, y paie ses impôts locaux et nationaux, ne pourra pas donner son avis sur la gestion de sa commune aux prochaines élections municipales. « Je me sens exclue à chaque fois que je vois les gens aller voter et moi non », a-t-elle déclaré au quotidien algérien El Watan. Tout comme Hamid qui, en France depuis 1975, a vu sa demande d'obtention de la nationalité française ajournée sans même en connaître les raisons. Tout comme le 1,8 million d'autres étrangers dans la même situation installés en France depuis au moins cinq ans.

Le gouvernement vient en effet d'enterrer une promesse électorale de Hollande : celle de donner le droit de vote aux étrangers extra-communautaires pour les élections locales. Il a annoncé qu'il ne présentera pas ce projet au Congrès, réunissant l'Assemblée nationale et le Sénat, qui se tiendra en juillet prochain et qui est seul habilité à voter ce type de texte qui entraîne un changement dans la Constitution. Le motif invoqué est qu'il n'aurait pas obtenu la majorité des trois cinquièmes des voix nécessaires, il en manquerait encore 34 sur 925 parlementaires.

Ministres et députés se justifient en disant qu'ils ont bien tenté d'influencer les parlementaires, sans parvenir à briser la résistance de certains députés de droite. Mais en dehors de ces parlottes de couloir, qu'ont-ils fait pour peser sur l'opinion publique ? Ont-ils mobilisé leurs élus locaux, leurs militants, ont-ils mené des campagnes nationales pour tenter d'influencer ceux qui se déclarent encore défavorables au droit de vote des étrangers ? Rien de tout cela.

Au lieu de combattre ces idées réactionnaires, le gouvernement s'aplatit devant les hommes de droite et d'extrême droite. Il n'a même pas le courage de les affronter, il se dégonfle en ne présentant pas ce texte. Il s'agit là d'une reculade honteuse.

Marianne LAMIRAL