Technicolor -- Rennes : développement... de la baisse des emplois

18 Janvier 2013

À Technicolor Rennes, la direction a fait l'an dernier un chantage à l'emploi et à la compétitivité pour obtenir des salariés neuf jours de travail en plus par an, pour le même salaire.

Début 2012, elle avait présenté un plan de licenciements qui prévoyait 44 suppressions de postes à Rennes, sur 125 en France et 600 dans le monde. Fin mai, elle a proposé de renoncer à tout licenciement « contraint » en échange de l'acceptation par l'ensemble du personnel de la suppression de neuf jours de RTT. Elle a aussi expliqué sa proposition par son souci de « pérenniser » l'avenir du centre de Rennes, où elle avait déjà licencié plus de 130 personnes deux ans auparavant. Elle a soumis son projet à référendum et obtenu un oui de deux tiers des travailleurs du centre.

Elle a donc supprimé neuf jours de RTT en juin et, dans la foulée, elle a distribué 0 % d'augmentation à la quasi-totalité du personnel, toujours au nom de la compétitivité. Sur les 44 suppressions de postes qu'elle annonçait initialement, elle a obtenu 34 « départs volontaires », qui n'en sont pas moins des licenciements. À cela il faut ajouter la suppression des deux tiers des 130 postes de prestataires existants début 2012 et la vente d'un service de 35 personnes. Soit une diminution du nombre total d'emplois d'au moins 150 postes sur un an, ramenant les effectifs totaux en dessous de 600 postes.

Quant à l'avenir, les travailleurs le perçoivent toujours aussi incertain, malgré l'inauguration en grande pompe du nouveau « campus » où la direction a déménagé l'ensemble du personnel en octobre, inauguration en présence du PDG du groupe et du ministre Jean-Yves Le Drian et où chacun a loué les mérites du crédit impôt-recherche pour développer la compétitivité et... l'emploi !

Correspondant LO