Nos lecteurs écrivent : Comment une préfecture reçoit les demandeurs d'asile -- « Allez hop, tout le monde s'en va ! »02/01/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/01/une2318.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Nos lecteurs écrivent : Comment une préfecture reçoit les demandeurs d'asile -- « Allez hop, tout le monde s'en va ! »

Aujourd'hui 28 décembre, jour ordinaire à la préfecture de l'Isère, place de Verdun. J'arrive à 8h15 et commence à relever les noms des demandeurs d'asile qui ont passé la nuit ou sont arrivés à l'aube pour être les premiers dans la file d'attente derrière les barrières métalliques qu'ils ne doivent pas franchir.

Aujourd'hui 28 décembre, ils sont 33 : cinq familles avec enfants originaires de Macédoine, Serbie, Bosnie, Kosovo, Russie ; un couple et deux hommes seuls, originaires de Macédoine ; deux hommes et quatre femmes seules, dont une mineure, originaires de République du Congo ; un homme en provenance du Mali et deux personnes de Guinée.

Aujourd'hui 28 décembre, certains sont déjà venus six, cinq, quatre, trois, deux fois, et ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas accéder au bureau de l'asile pour demander la possibilité d'obtenir la protection de la France.

Aujourd'hui 28 décembre à 9h03, l'employée de la préfecture franchit la porte, s'approche de la masse agglutinée contre la barrière, fait entrer deux hommes qui étaient au premier rang, puis les portes se referment.

Aujourd'hui 28 décembre à 9h10, le policier de service s'adresse à tous ceux qui restent : « Allez hop, tout le monde s'en va ! »

Aujourd'hui 28 décembre, l'accueil du 115 répond aimablement qu'il faut rappeler à 11 heures pour connaître les places d'hébergement d'urgence. La préfecture ne rouvrira ses portes que le jeudi 3 janvier.

L'asile est un droit constitutionnel. L'État français est souverain pour décider de quelle manière l'examen de la demande de protection est fait sur son territoire mais cette liberté est encadrée par l'obligation qu'il a de respecter la personne humaine à chaque étape de la procédure et l'obligation de ne pas rendre vaine toute démarche de protection.

Michèle M., bénévole à l'ADA, Accueil demandeurs d'asile.

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