La Poste -- PIC Rennes Armorique : une grève d'avertissement

05 Décembre 2012

Depuis l'ouverture de la Plate-forme industrielle du courrier (PIC) de Rennes Armorique, les postiers étaient nombreux à penser que les effectifs étaient insuffisants pour faire le travail de tri de trois départements, l'Ille-et-Vilaine, les Côtes-d'Armor et le Morbihan. C'était d'autant plus évident que la direction avait décidé depuis deux mois de détourner du courrier de Rennes jusqu'en région parisienne afin de le sous-traiter. Et c'est ainsi qu'un courrier posté à Rennes pouvait mettre quinze jours à être distribué... à Rennes !

Pour remédier à cette situation, les responsables de la PIC ont décidé de recruter trente-quatre intérimaires et CDD, reconnaissant à leur façon le manque d'emplois à la PIC. Suite à un préavis syndical, une majorité s'est prononcée pour la grève, afin de leur mettre les points sur les « i ». Dès le 27 novembre au soir, des piquets de grève (avec plus de 90 % de grévistes) s'organisaient à l'entrée du site, avec restauration et feu de palettes.

Le lendemain, la grève était aussi massive sur l'ensemble des équipes de jour. De son côté, l'équipe de nuit reconduisait la grève à une grande majorité le soir même, puis le jeudi 29 novembre. La direction refusait de rencontrer l'ensemble des grévistes mais ceux-ci ont décidé en assemblée générale d'élire une délégation de dix personnes. La direction, malgré beaucoup de réticence, a dû accepter de la rencontrer le vendredi 30 novembre.

Lors de cette réunion, elle s'est refusée à transformer les trente-quatre emplois précaires en emplois titulaires, mais s'est engagée à remplacer chaque départ à la retraite. Le soir même, les grévistes se sont promis de surveiller l'application de cette promesse car, depuis des années, nombre de départs ne sont pas remplacés à La Poste. De plus, la direction a concédé un quart d'heure de pause en plus dans une équipe du matin. Elle s'est aussi engagée à revoir l'organisation du travail de nuit. Certaines semaines comportent cinq nuits travaillées sur six, ce qui est vraiment ressenti comme un abus par tous.

Les postiers ont donc repris le travail le vendredi 30 novembre, avec le sentiment d'avoir donné un sérieux avertissement à la direction.

Correspondant LO