PSA -- Aulnay-sous-Bois : alors que des négociations se déroulent, les travailleurs maintiennent la pression

14 Novembre 2012

Face à la mobilisation des travailleurs, la direction de PSA a été obligée d'ouvrir des négociations dont la première réunion a eu lieu mercredi 7 novembre.

La fermeture de l'usine est inacceptable et PSA aurait largement les moyens de payer pour maintenir tous les emplois. Il n'est donc pas question que les travailleurs acceptent les conditions de la direction. Durant plusieurs jours, les travailleurs d'Aulnay ont fait circuler des feuilles de revendications visant à assurer à tous un emploi. Ils se sont réunis par petits groupes pour rassembler ces revendications et être sûrs de n'oublier personne, puis ont tenu à faire voter ces revendications en assemblée générale, afin de s'assurer que les syndicats en discuteraient lors des réunions.

Mardi 6 novembre, deux assemblées générales (une dans chaque équipe) ont réuni entre 200 et 250 travailleurs qui ont voté ces revendications. Ils ont aussi élu des salariés non syndiqués pour aller assister aux différentes réunions avec la direction et être des sortes de « contrôleurs » pour le compte de leurs camarades de l'usine.

Étrange « dialogue social »

À la première réunion, tout le monde a pu faire l'expérience de ce que PSA appelle un « dialogue social exemplaire ». La direction a par exemple refusé de répondre à la simple question de savoir quand elle prévoyait le passage de deux équipes à une seule équipe. Elle a fini par dire avec cynisme qu'elle préviendra deux mois avant !

La première revendication reste le retrait du PSE, le soi-disant « plan de sauvegarde de l'emploi », et le maintien de la fabrication de la C3 jusqu'au bout, soit au moins 2016, ce qui serait de fait la garantie que la direction reclasse effectivement chacun des travailleurs de cette usine. Les travailleurs exigent tout d'abord d'obtenir le départ à 55 ans et la possibilité pour ceux qui ont entre 50 et 55 ans aujourd'hui de rentrer dans ce dispositif au fur et à mesure, si le patron ne leur trouve pas un CDI aux conditions acceptables. La direction, elle, envisage de ne discuter que des travailleurs de 59 ans.

Quant aux autres revendications, les travailleurs veulent obtenir un CDI à des conditions acceptables pour tous. En effet il est hors de question de se laisser piéger par les propositions de reclassements bidon, les stages formations sans avenir et autres voies vers la précarité. C'est le patron qui veut fermer l'usine, c'est à lui de trouver un emploi à tous les ouvriers. Quant à ceux qui iraient travailler dans les autres usines du groupe, c'est à la direction de leur trouver un logement et d'assurer une prime de déménagement. Enfin, pour ceux qui quitteraient le groupe, les travailleurs exigent une prime de départ de 130 000 euros.

De son côté la direction, qui a prévu une première réunion de négociation le 15 novembre, espère en avoir fini avec ces réunions dès décembre, en ayant obtenu la signature de syndicats et en cédant le minimum.

L'État prêt à aider... le patron

Jeudi 8 novembre avait lieu une réunion tripartite avec le préfet de région, les élus locaux de la Seine-Saint-Denis, la direction de PSA et les syndicats. Le préfet d'Île-de-France l'a ouverte en répétant toujours les mêmes mensonges, disant que l'État ne peut pas intervenir, ayant le culot d'affirmer que le gouvernement ne dépenserait pas d'argent pour le plan de licenciements de PSA. Mais garantir d'une façon ou d'une autre les emplois, ce n'est pas le souci du gouvernement, qui préfère aider les profits du patron en garantissant sa banque, PSA finance, pour des prêts à hauteur de sept milliards.

Le président socialiste de la région, Jean-Paul Huchon, a proposé de l'argent pour aider les entreprises qui viendraient s'installer sur le site de PSA Aulnay. Le président du conseil général du département a tenu le même genre de discours. À l'image de ce que font leurs copains du gouvernement, ces gens-là ne connaissent pas d'autre recette que d'arroser les patrons. Ce n'est pas sur eux que les travailleurs pourront compter pour s'opposer à ceux qui veulent les licencier.

Ceux qui ont participé à cette réunion ont parfaitement compris cette complicité avérée entre PSA et le gouvernement. Ils ont pu vérifier aussi les mensonges du représentant de PSA, Denis Martin, qui peut tranquillement expliquer que PSA perd de l'argent sur chaque C3 vendue. Ce qui est quand même dommage pour ces capitalistes, s'agissant juste de la voiture la plus vendue du groupe. « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » !

Tout cela montre la nécessité de maintenir la mobilisation. Les patrons sont experts pour organiser des réunions à n'en plus finir qui n'aboutissent à rien du point de vue des travailleurs. Si ceux-ci ne se font pas craindre du patron, il ne sortira rien de ces négociations, car ce n'est pas autour de la table que peut se jouer le rapport de force, mais dans l'usine et dans la rue.

Depuis plus d'un an, la mobilisation des travailleurs de PSA a pu déjouer les sales coups du patron et les opérations de division. Chaque fois, les travailleurs de l'usine d'Aulnay ont montré leur détermination, même si les nerfs sont mis à rude épreuve. Ils ont la force de faire reculer le patron.

Correspondant LO