Dix ans après la fermeture de Sangatte : La situation dramatique des migrants07/11/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/11/une2310.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Dix ans après la fermeture de Sangatte : La situation dramatique des migrants

Il y a dix ans, Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, faisait fermer le centre de Sangatte. Aujourd'hui, les migrants continuent à errer dans les rues de Calais où leurs conditions de survie ont encore empiré.

C'est en 1998 que des réfugiés fuyant la guerre du Kosovo ont afflué dans la région de Calais pour tenter le passage clandestin vers l'Angleterre et ses lois sur l'immigration moins rigides. Pendant des années, ils se sont retrouvés coincés dans la ville, face au déploiement policier tentant de leur interdire l'accès aux trains, ferries et camions allant vers Angleterre. Ils étaient nombreux à errer dans la ville et à dormir dans les jardins publics.

C'est en septembre 1999 qu'un centre d'hébergement géré par la Croix-Rouge -- un hangar réquisitionné appartenant à Eurotunnel -- fut ouvert pour les accueillir dans la petite commune de Sangatte où ils purent trouver repas chauds, douches, vêtements, soins médicaux. Pendant trois ans, des réfugiés de multiples nationalités fuyant la guerre, la dictature ou la misère de leur pays y furent hébergés. Jusqu'à 2 000 personnes s'entassèrent dans ce hangar.

Fin 2002, pour flatter l'opinion réactionnaire, Sarkozy décidait la fermeture du centre, en accord avec son homologue socialiste britannique qui, lui, décidait le durcissement des conditions d'immigration en Grande-Bretagne. Le tout avec l'approbation du député socialiste de la circonscription, Jack Lang, et de tous les élus locaux.

Depuis, les conditions des migrants n'ont fait qu'empirer : ils ont essayé de trouver refuge dans des blockhaus ou des abris de fortune. Mais la police n'a cessé de les harceler, détruisant leurs squats, multipliant contrôles et arrestations, usant de la matraque et des gaz lacrymogènes dans des opérations spectaculaires, s'en prenant aux militants et bénévoles qui leur venaient en aide.

Les migrants ne sont plus concentrés à Sangatte, mais leur nombre n'a probablement pas diminué. Des milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes sont prêts, au péril de leur vie, à braver les dures épreuves d'un voyage à travers l'Europe en espérant gagner l'Angleterre. Ils continuent d'arriver dans le Calaisis, ou dans les ports de la côte de Dunkerque à Cherbourg.

Le gouvernement socialiste de Hollande n'a visiblement pas plus de réponse que le gouvernement précédent au problème posé par la misère du tiers-monde qui pousse des milliers de migrants à tout abandonner pour tenter de rejoindre les pays riches.

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