Center Parc (Vienne) : l'argent public coule à flots

31 Octobre 2012

Le groupe capitaliste Pierre & Vacances, qui possède entre autres les Center Parcs, ne connaît pas la crise. Bénéficiaire, il perçoit des aides publiques pour la construction d'un nouvel ensemble immobilier dans le département de la Vienne.

C'est ce même groupe qui a annoncé, le 18 octobre dernier, 195 suppressions de postes en France et en Europe, c'est-à-dire 2,6 % de ses effectifs globaux. Dans le même communiqué, il s'est félicité avec cynisme de « sa capacité de résistance dans un environnement économique fortement dégradé », capacité de résistance qui lui a permis l'an dernier d'afficher un bénéfice de plus de dix millions d'euros, en progression de 44 % par rapport à l'année précédente.

C'est dans ce contexte que le projet d'implantation d'un nouveau Center Parc dans le nord de la Vienne prend forme. Un investissement de 300 millions d'euros est en jeu. Les actionnaires de Pierre & Vacances vont-ils engager la totalité de cette somme ? Eh bien non ! Ce sont d'abord les collectivités locales et l'État qui vont mettre près de 60 millions d'euros d'argent frais sur la table, et se porter garants auprès des banques du complément nécessaire à la réalisation du projet.

Pour le département de la Vienne, subventions et participations se chiffrent déjà à 35 millions d'euros. Ce département est dirigé par la droite, mais l'ensemble des élus, quelle que soit leur couleur politique, verte ou rose, se réjouissent du soutien apporté au groupe capitaliste. Aucun ne manquait sur la photo prise dans les champs promis à la construction, aux côtés des représentants de Pierre & Vacances, ce qui faisait s'interroger un journaliste de la presse locale, le 21 octobre : « Vont-ils passer leurs vacances ensemble ? »

La région Poitou-Charentes n'est pas en reste. Pour l'heure, le montant de ses subventions s'élève à cinq millions d'euros. La construction du Center Parc commencera en 2013 et, sans nul doute, ces politiciens vont continuer à se relayer pour affirmer sur tous les tons combien cela sera bénéfique pour la population, en terme d'emplois créés. En réalité, 600 personnes seront recrutées, et il est déjà prévu qu'une sur cinq n'aura pas de CDI et que plus d'un tiers travailleront à temps partiel. Du point de vue de l'emploi, c'est la promesse faite aux futurs embauchés de salaires insuffisants, avec lesquels on ne peut pas vivre, et d'horaires extravagants.

Les patrons sont choyés, pas les salariés.

Correspondant LO