Crédits militaires : pas d'austérité pour les marchands de canons

12 Septembre 2012

D'après la lettre de cadrage du Premier ministre, le ministère de la Défense doit, comme les autres, faire des économies. Mais, à la différence d'autres dépenses publiques, on a du mal à savoir lesquelles.

Le ministre Le Drian a tenu à rassurer les fournisseurs : l'armée continuera à dépenser la même somme en matériels, soit 16 milliards d'euros d'investissements et six milliards en « recherche », sur les quarante qui sont alloués au ministère. Cette somme, malgré les déclarations du ministre sur les PME, se retrouvera dans les coffres des Dassault, Thalès (c'est-à-dire encore Dassault), Lagardère et autres marchands de missiles, Rafale, équipements de pointe des sous-marins, radars en tout genre, etc.

Les engins de mort une fois achetés, il faut encore payer pour les faire fonctionner, les entretenir, les moderniser. Et cette part du budget fait aussi les beaux jours et les gras bénéfices des entreprises privées. Pas touche, donc.

Restent les soldes. Les gouvernements précédents en avaient déjà réduit la masse, en diminuant le nombre de militaires. Le nouveau gouvernement semblait s'orienter vers une diminution relative, en ralentissant l'avancement. C'est du moins ce qu'avait prévu la lettre de cadrage du Premier ministre. Cette lettre, spécialement la partie sur le tableau d'avancement, vient d'être publiée dans la presse, suscitant quelques remous parmi les premiers intéressés, les officiers de carrière. Et les ministres socialistes n'ont jamais tenu bien longtemps devant les protestations des généraux...

Paul GALOIS