PSA -- Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : le travail reprend... la préparation de la lutte aussi

05 Septembre 2012

À l'usine PSA d'Aulnay, le travail reprenait mardi 4 septembre au matin après quatre semaines de congés payés et une semaine de chômage partiel. C'était un calcul de la direction d'avoir annoncé la fermeture de l'usine juste avant cette période d'arrêt dans l'espoir que ces semaines où chacun s'est retrouvé plus ou moins isolé atténuent la colère et la conviction qu'il faudra se battre collectivement pour défendre les emplois et les salaires.

De son côté la direction n'a pas cessé sa propagande durant le mois d'août. Les chiffres de baisse de ventes censés nous alarmer, les rumeurs oiseuses sur la sortie de PSA du CAC 40 ont rempli des pages de journaux. Mais ce ne sont pas ces propos de la direction qui peuvent justifier l'injustifiable aux yeux des travailleurs.

De son côté le gouvernement aussi essaye de convaincre les travailleurs qu'il n'y a pas lieu de se battre. Montebourg leur a demandé d'être « responsables » en ne mettant pas l'entreprise en danger, cela ne manque pas de culot ! Ce ministre n'a rien fait pour les emplois, si ce n'est multiplier les rendez-vous et prévoir un plan d'aides financières aux patrons de l'automobile. Quant à sa proposition qu'Airbus reprenne des travailleurs d'Aulnay, personne n'est dupe de ce genre de promesse gratuite. En reprenant à son compte les balivernes de la direction sur les difficultés, dans le but de justifier les licenciements, Montebourg se met au service de la famille Peugeot.

À l'usine, en cette rentrée, mardi, le ton n'était pas à l'abattement, loin s'en faut. Il était plutôt à la discussion pour commenter la situation. Au Ferrage, la direction a fait savoir qu'elle n'accepterait plus de payer les réunions en dehors des temps de pause, comme elle était contrainte de le faire depuis le mois de juillet. Mais cette annonce n'a pas empêché la tenue d'une réunion d'une demi-heure dans la matinée. Au Montage, dans les deux équipes, les comités de préparation de la lutte se sont réunis pour organiser les réunions avec les salariés du secteur.

Une assemblée générale est prévue le 11 septembre, avec l'envie de se retrouver le plus nombreux possible pour préparer les futures actions. Certaines sont déjà en cours. Le 29 septembre, des organisations syndicales de Seine-Saint-Denis veulent faire un rassemblement dans la « cité des trois mille » avec la population et les syndicats des autres entreprises qui licencient (Sanofi, Air France). Le 9 octobre, une manifestation est prévue à Paris pour l'emploi. Et les syndicats CGT de PSA ont déjà proposé de faire le même jour une action au Salon de l'automobile qui se tiendra à la porte de Versailles.

Il faudra bien sûr participer, s'associer à toutes ces actions déjà prévues, mais défendre les emplois devra passer par une lutte d'ampleur. Il n'est pas question d'accepter l'injustifiable. La barre des trois millions de chômeurs officiels qui vient d'être franchie rappelle que la lutte contre les licenciements est vitale pour tous. La direction de Peugeot, celles de Sanofi, Air France, Doux, Carrefour et d'autres encore veulent nous plonger dans la pauvreté pour défendre leurs profits. Il faudra les faire reculer, sans se laisser endormir par les discours sur les pseudo-difficultés économiques ou les fausses solutions industrielles car le problème n'est pas là mais dans leur seule avidité.

Selon le journal Le Parisien, la direction de l'usine aurait prévu de sécuriser un bâtiment, pour pouvoir se replier en cas d'agitation. En tout cas, elle n'est pas à l'abri du ridicule ! Mais, quoi qu'elle fasse, elle ne sera pas à l'abri de la mobilisation des travailleurs. Elle a raison de la craindre, non pas pour la sécurité physique de ses directeurs mais parce que les travailleurs représentent cette force qui peut les faire reculer.

Correspondant LO