États-Unis - : campagne présidentielle : Deux candidats qui ne suscitent guère d'illusions30/08/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/08/une2300.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

États-Unis - : campagne présidentielle : Deux candidats qui ne suscitent guère d'illusions

Mitt Romney a donc été officiellement désigné comme le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre prochain, celui qui sera opposé à Barack Obama. Pour l'instant les sondages donnent les deux hommes au coude à coude avec chacun 46 % d'intentions de vote.

Mitt Romney s'est choisi comme vice-président Paul Ryan, apprécié par les ultra du Tea Party, et il va défendre les options de la droite la plus réactionnaire. En tant que mormon, Romney est un adversaire farouche des droits des femmes et il veut inscrire dans la constitution la condamnation de l'avortement et du mariage homosexuel. En tant que patron de Bain Capital, il s'est fait une spécialité du rachat et du dépeçage brutal de dizaines d'entreprises au point que le journal Les Échos le désigne comme « l'incarnation du capitalisme américain le plus sauvage » ! En tant que politicien, il estime que l'État ne doit pas se mêler de trop de choses et il veut réduire les impôts, d'un tiers pour les entreprises et de 20 % pour l'impôt sur le revenu. Toutes les dépenses seront réduites sauf celles consacrées à la défense. Il prétend relancer la croissance en coupant drastiquement dans les dépenses sociales, en s'en prenant à l'assurance médicale des personnes âgées, Medicare. Il veut s'attaquer au droit syndical, sous prétexte de créer des emplois, et réduire les salaires et les effectifs de tous les employés d'États.

La candidature républicaine est si réactionnaire, si peu porteuse d'espoir pour les classes populaires qu'il n'est pas certain qu'elle réussisse à l'emporter malgré le bilan désastreux de Barack Obama.

L'enthousiasme suscité par l'élection d'Obama, il y a quatre ans, est bien dissipé car lui, qui avait mené une campagne anti-Bush, a marché dans les pas du réactionnaire Bush, son prédécesseur, dans tous les domaines, que ce soit en ce qui concerne les guerres d'Irak et d'Afghanistan ou dans le domaine économique et social.

Tout en étant élu avec un soutien populaire certain, Barack Obama était l'élu à coups de millions de dollars des grandes banques et du grand capital. Autant il a défendu les intérêts de ces derniers, autant il a déçu ses électeurs populaires. Comme Bush, il a mené une politique favorable aux banques, aux grandes entreprises et aux riches. Il a prorogé les déductions fiscales instaurées par Bush en leur faveur. Il a laissé les entreprises licencier à tour de bras et il a lui-même supprimé massivement des emplois dépendant de l'État fédéral tout en incitant les États à faire de même à leur niveau. Il a continué à démanteler le système public d'éducation pour en donner des pans entiers au privé. Quant aux immigrés sans papiers, il en a fait expulser plus que Bush !

Et le décret pris par Obama le 15 juin dernier à l'adresse des 12 millions d'Hispaniques, majoritairement d'origine mexicaine, est de toute évidence une mesure électorale. Les jeunes immigrés sans papiers, âgés de 15 à 30 ans et arrivés avant l'âge de 16 ans sur le territoire des USA, pourraient recevoir un permis de travail et un numéro de sécurité sociale contre le paiement d'une somme de 465 dollars. Mais il ne s'agit là que d'autorisation provisoire valable deux ans. Obama a tenu à préciser qu'il ne s'agissait ni d'une amnistie, ni d'un pas vers la naturalisation. Il leur promet simplement qu'ils ne seront pas expulsés dans les deux ans à venir. Quelques centaines de milliers de jeunes pourraient être concernés mais les parents de ces jeunes n'ont droit à rien. Il fait ainsi un geste, calculé au plus juste pour la circonstance, destiné à tenter de se concilier les votes hispaniques. Mais cela illustre aussi le mépris et le cynisme du président.

La situation de la population laborieuse a continué à se dégrader pendant les quatre ans du gouvernement Obama au point que celui-ci n'aurait aucune chance d'être réélu si la politique et les candidats républicains n'étaient pas aussi ouvertement et cyniquement réactionnaires et en faveur des riches.

Des deux maux, lequel choisir ? Ce choix, qui n'en est visiblement pas un, explique qu'aucune tendance claire ne se dégage et qu'il est bien difficile de savoir lequel sera désigné pour faire les poches des travailleurs les quatre années qui viennent. L'issue va se régler à coups de centaines de millions dépensés en publicité par les donateurs, particuliers et entreprises, pour vendre leur candidat comme une marque de lessive.

C'est dire que les travailleurs des États-Unis ne peuvent compter sur l'issue des élections présidentielles pour être protégés des attaques qui visent à leur reprendre tout ce qu'ils ont pu gagner dans le passé, et à plus forte raison pour obtenir une quelconque amélioration de leur sort.

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