Mélenchon : il se voit déjà Premier ministre de Hollande

22 Août 2012

Après un long silence « qu'il s'était imposé », dit-il, Jean-Luc Mélenchon a fait sa rentrée politique sur un ton tonitruant. Ainsi, en parlant des cent premiers jours de Hollande, il proclamait : « Cent jours pour rien. » Mais comme toujours, derrière quelques formules à l'emporte-pièce, on en revient à la réalité. Ce que propose Mélenchon n'a rien de flamboyant.

Interrogé sur France Inter, le 20 août, il a ainsi longuement précisé son positionnement vis-à-vis de Hollande et du gouvernement. Quand le journaliste lui a demandé : « L'opposition, vous êtes dedans ? », Mélenchon s'est récrié : « Non, l'opposition, c'est la droite ; nous, nous sommes autonomes, nous jugeons ce que nous croyons bon pour le pays. » En précisant, à propos des mesures fiscales proposées par le gouvernement, que le Front de gauche a votées : « Il fallait voter ça. »

Et puis, surtout, Mélenchon a expliqué ce qu'il attendait, ou du moins ce qu'il espérait du gouvernement socialiste.

« Nous sommes des démocrates. (...) Le président de la République, c'est lui qui est en place pour cinq ans, et c'est lui qui a le pouvoir de nommer le Premier ministre », ajoutant : « Le président de la République va s'apercevoir que cette politique, à laquelle il a consenti, ne mène nulle part (...) Il faudra qu'il change de cap », se gardant bien de préciser quel cap ! Et alors de conclure : « Et il ne sera pas crédible s'il reprend comme Premier ministre l'un des sociaux-libéraux qui pullulent dans son parti. » Et, on l'aura compris, il devra prendre Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre, qui reste donc en réserve.

C'est donc l'objectif du bouillant Mélenchon : s'installer à Matignon sous les ordres de Hollande, qui serait un brave homme, aveuglé par son entourage. Il suffirait donc que le sauveur Mélenchon arrive pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur... des contes de fées.

Alors, plus que des discours, cela montre que Mélenchon est sorti du même tonneau que les Hollande, Ayrault, Aubry. Il a pour ambition d'arriver au pouvoir pour servir les bourgeois. C'est lui qui le dit presque ouvertement. On est prévenu.

Paul SOREL