La catastrophe alimentaire : Un crime du capitalisme01/08/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/08/une-2296.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C164%2C226_crop_detail.png

Dans le monde

La catastrophe alimentaire : Un crime du capitalisme

En un mois, les prix mondiaux du blé viennent d'augmenter de 50 % et ceux du maïs de 45 %, nouvelle catastrophe dans un monde où plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim. Elle est d'autant plus révoltante que la production céréalière mondiale n'a jamais été aussi élevée. Elle a atteint cette année 2 400 millions de tonnes, 500 millions de plus qu'il y a dix ans, soit une augmentation deux fois plus rapide que celle de la population mondiale.

Mais il a suffi que les prévisions des futures récoltes de maïs, qui devaient battre des records, soient revues légèrement à la baisse suite à la sécheresse aux USA, pour que les prix flambent. Une grande partie de la production est en effet échangée sur les marchés des céréales sous forme de contrats à terme. Ils représentent un engagement de vente d'une certaine quantité à celui qui possède le papier, à une date donnée. Ainsi, si les boursicoteurs anticipent une baisse de production par rapport aux attentes, ils vont se précipiter sur les papiers correspondants, dont les cours vont s'envoler. Et cette hausse des cours à terme provoquera aussi la flambée instantanée des prix du produit, alors même qu'il n'y a aucune pénurie alimentaire réelle.

Ces spéculateurs ne sont pas des inconnus. Une dizaine de sociétés richissimes contrôleraient 85 % des échanges mondiaux de biens alimentaires : par exemple Monsanto, leader du maïs et des aliments pour bétail, ou Cargill (25 % du blé commercialisé dans le monde), ou encore Louis Dreyfus (31 % du commerce du riz). Pour elles, cette situation est une excellente affaire. Par contre, c'est un drame pour des populations comme celle du Sahel, où 18 millions de personnes souffrent déjà de la faim. Ces dernières semaines, cette spéculation internationale a eu des conséquences directes sur les marchés des villes de la région, comme Niamey ou N'Djamena, où les prix des céréales ont déjà augmenté de 30 % et plus.

Il y a deux siècles, Fourier dénonçait la société capitaliste qui s'installait, où « la pauvreté naît en civilisation de l'abondance même ». Cela reste malheureusement vrai, et à une échelle encore plus grande. Fourier en avait déduit la nécessité de changer radicalement la société. C'est encore plus urgent aujourd'hui.

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