Emplois aidés : moins de fonctionnaires et plus de précaires

01 Août 2012

Après l'annonce d'une nouvelle hausse du chômage en juin, le ministre du Travail Michel Sapin évoque la création de 100 000 « emplois d'avenir », subventionnés à 75 % par l'État, en 2013. Une consultation des partenaires sociaux doit démarrer en août, et un projet de loi être déposé à l'Assemblée nationale début octobre.

« Il faut s'attaquer à chacune des catégories victimes du chômage », a expliqué le ministre, citant notamment les chômeurs de longue durée et les jeunes. « 100 000 emplois aidés de plus, c'est 100 000 chômeurs de moins, financés bien entendu par les finances publiques », a-t-il précisé. Dans le même temps le ministre a reconnu que le taux de chômage atteindrait vraisemblablement 10 % en France d'ici à la fin de l'année 2012.

Actuellement il existe deux types de Contrats uniques d'insertion auxquels s'ajouteront les « emplois d'avenir » : le CUI-CAE (contrat d'accompagnement vers l'emploi), ouvert aux employeurs du secteur non marchand, de 22 heures hebdomadaires sur huit mois et demi en moyenne, et financé à 70 % par l'État. Le CUI-CIE, (contrat initiative emploi) lui, est destiné au secteur privé ; il est de 33 heures sur dix mois en moyenne et est financé à 30 % par l'État.

En prévision, il n'y aurait donc pas loin de 500 000 emplois aidés en 2013 : 390 000 contrats « classiques », auxquels s'ajouteront 100 000 nouveaux « contrats d'avenir ». Ces futurs emplois dureraient trois ans et seraient destinés aux jeunes de moins de 26 ans sans qualification des « quartiers en difficulté » ou des « zones rurales extrêmement éloignées », « à ces jeunes totalement exclus du système », a précisé Sapin, qui seraient environ 400 000.

6 000 de ces emplois aidés devraient être affectés au pré-recrutement d'étudiants souhaitant devenir enseignants. Mais l'essentiel de ces contrats sera réservé aux collectivités locales, au secteur associatif et de l'économie sociale et solidaire, mais les mutuelles et les coopératives pourront aussi en bénéficier.

Les premiers contrats devraient être signés en janvier 2013. Une « aide » à la formation de ces jeunes serait apportée aux employeurs, par le biais d'un « chèque formation ». Le coût pour les finances publiques devrait s'élever à 2,5 milliards pour les deux ans à venir, ce qui doublerait le budget actuel destiné aux CUI.

En moyenne, 17 % d'une génération sort du système éducatif sans diplôme ni qualification. Trois ans après, seuls 48 % de ces jeunes travaillent et leur taux de chômage atteint 41 % ! Ce n'est pas près de changer avec ces embauches au rabais qui permettront surtout au gouvernement de ne pas effectuer les véritables embauches qui seraient indispensables dans le secteur public, sans résoudre en quoi que ce soit le problème du chômage des jeunes.

Corentin ANIATH