Agglomération lyonnaise : évacuations en série de camps de Roms

01 Août 2012

Courant juillet, la police a évacué le campement d'une centaine de Roms installés depuis plus d'un an sur l'aire des taxis de la gare de Lyon Perrache. Un campement à Parilly, sur la commune de Vénissieux, regroupant depuis dix mois une centaine de personnes, s'est vidé avant l'arrivée de la police. Quant à celui de Vaulx-en-Velin, 150 personnes installées dans un garage désaffecté, il dispose d'un sursis jusqu'en août. Deux autres évacuations ont eu lieu dans le département voisin de la Loire.

Les autorités ont prétendu « procéder de façon humaine ». Elles ont annoncé à l'avance l'intervention de la police. Mais comme l'ont fait remarquer les associations : « Il n'y a pas d'expulsions humaines sans relogement ». Et c'est bien là tout le problème.

La Préfecture s'était engagée auprès de ces associations à reloger dignement les Roms de Perrache, tous demandeurs d'asile. Mais malgré ces promesses, ils n'étaient toujours pas relogés plusieurs jours après l'expulsion. La police les parque même sur la place Carnot, à quelques centaines de mètres du campement démantelé, sous prétexte de mieux les surveiller. L'État crée ainsi lui-même un nouveau camp en pleine ville.

Quant aux Roms chassés des autres campements, pour la plupart originaires de Roumanie et donc citoyens de l'Union européenne, ils sont condamnés au gré des expulsions à errer d'un squat à l'autre. Ils seraient un millier dans l'agglomération lyonnaise. Les conditions inhumaines qui leur sont imposées : manque de toilettes, d'eau courante à proximité, amènent parfois des gestes de solidarité, mais les nuisances générées suscitent le plus souvent des tensions, voire une xénophobie que le gouvernement précédent a abondamment entretenue pour stigmatiser les Roms.

Les interventions policières, ainsi que les déclarations de Valls affirmant sa fermeté face aux étrangers sans papiers, montrent qu'avec le nouveau gouvernement, rien n'a changé. Il serait pourtant possible de trouver des solutions d'hébergements dignes d'êtres humains pour ce millier de personnes qui fuient leur pays soit parce qu'elles y sont pourchassées, soit qu'elles n'y ont connu qu'une misère plus grande qu'ici encore.

Correspondant LO