Transport routier : les patrons pleurent la bouche pleine

25 Juillet 2012

Les entreprises de transport routier s'insurgent contre la fin des exonérations fiscales des heures supplémentaires. C'est qu'elles en consomment beaucoup, ou plutôt qu'elles obligent leurs 300 000 chauffeurs à en faire beaucoup, au point que la mesure gouvernementale représente pour elles, selon une de leurs fédérations patronales, une perte moyenne de 790 euros par an et par chauffeur.

La crainte de ces patrons est que leurs salariés exigent des augmentations de salaire « pour compenser ce manque à gagner ». « Cela promet des négociations salariales très tendues cet automne », anticipait un patron du secteur.

Les entreprises de transport routier sont parmi celles qui imposent à leurs travailleurs des conditions de travail éprouvantes et des heures à n'en plus finir, avec toutes les conséquences nocives pour les salariés et pour les usagers de la route.

Leurs patrons, comme tous les autres, invoquent constamment le « coût du travail » qui serait trop élevé, refusant le moindre euro d'augmentation. Mais ceux qui dominent le transport routier sont de grandes entreprises, comme Norbert Dentressangle, groupe présent dans une quinzaine de pays, avec plus de 26 000 salariés, dont 14 500 en France sur 179 sites. Le bénéfice de cette entreprise a été multiplié par plus de 2,5 au 1er semestre 2010 par rapport à celui de 2009 et a continué à progresser depuis. Le chiffre d'affaires au premier semestre 2012 était de 958 millions d'euros contre 750 millions d'euros en 2011, en hausse de 28 %.

Tous ces grands patrons pleurent la bouche pleine des profits réalisés par les travailleurs qu'ils emploient.

A. R.