Le piège des heures supplémentaires

25 Juillet 2012

Le système de défiscalisation des heures supplémentaires mis en place par Sarkozy en 2007 ayant été supprimé, les entreprises vont de nouveau devoir payer des cotisations sociales sur les heures supplémentaires... sauf celles de moins de 20 salariés. Les salariés, quant à eux, même dans les entreprises de moins de 20 salariés -- le « cadeau » n'est maintenu que pour les patrons -- devront s'acquitter des cotisations et impôts correspondants.

Au total, plus de 9 millions de salariés effectuent des heures supplémentaires qui étaient jusque-là non soumises à cotisations sociales, et 8,5 millions de foyers fiscaux, soit plus de 23 %, bénéficiaient de leur défiscalisation. D'après la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, la Dares, quatre salariés sur dix qui font régulièrement des heures supplémentaires sont des ouvriers travaillant surtout dans les secteurs de la construction, de l'hôtellerie-restauration et de la métallurgie.

Pour certains travailleurs, les heures supplémentaires, quand elles ne sont pas tout simplement imposées par le patron, ou non payées du fait des accords de flexibilité, apparaissent, malgré la fatigue qu'elles entraînent, comme le seul moyen d'arrondir les fins de mois.

Mais si les patrons imposent ou poussent à faire des heures supplémentaires, ce n'est certainement pas pour satisfaire leurs employés, mais parce qu'ils sont, eux, largement gagnants. Ainsi le patronat peut plus facilement se « dispenser » d'augmenter les salaires. Faire travailler plus sans embaucher plus, et sans augmenter les salaires, autrement qu'en payant quelques heures supplémentaires, est un moyen d'augmenter les profits en aggravant l'exploitation.

Si le montant des salaires était suffisant, il n'y aurait nul besoin pour les travailleurs d'avoir recours aux heures supplémentaires. C'est donc une augmentation des salaires et leur indexation sur les prix qu'il faut imposer aux patrons.

Aline RETESSE